Les maladies de l'été (2/4): Les intoxications alimentaires, quand les vacances font plouf

SANTE C'est l'été, une maladie est vite arrivée. Méfiez-vous de la petite faiblesse qui vous perdra...

Julien Ménielle
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Illustration: une jeune femme mange une bonne glace.
Illustration: une jeune femme mange une bonne glace. — Max Rossi / Reuters

En vacances on se détend, on se relâche. Parfois un peu plus qu’on ne le voudrait. Car si l’été est l’occasion de se faire de nouveaux amis, le risque c’est que ces derniers s’appellent staphylocoque, salmonelle ou escherichia coli. Et surtout qu’ils s’incrustent dans votre dîner, avec une bonne intoxication alimentaire à la clé.

«Les oeufs, la viande, la charcuterie, les glaces»

Vous savez, un peu comme une tourista (la célèbre «diarrhée du voyageur»), mais sans les cocotiers. Mais pourquoi l’été? «Les épisodes de pathologies virales interviennent plutôt à la mi-saison», indique le professeur Robert Benamouzig, chef du service de gastro-entérologie à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Les virus, d’accord, mais les bactéries, elles... «Le principal problème, c’est la rupture de la chaîne du froid», annonce le membre de la Société nationale française de gastro-entérologie.

Des aliments mal transportés, mal conservés, et préparés au dernier moment. En première ligne «les oeufs, la viande, la charcuterie, les glaces», égrène le spécialiste. Ca ne vous rappelle rien? Le casse-croûte sur le pouce dans la baraque à frites. La stalactite de glace à l’italienne qui tombe dans le fond du cornet de votre vanille-fraise.

«Ca peut être violent»

Suivant les cas, quand le mal est en vous, vous avez «quelques heures à quelques jours» pour réagir, prévient le professeur Benamouzig. Le staphylocoque doré dans la crème dessert qui a mal tourné, et c’est le drame dans les deux heures. Douleurs abdominales, nausées voire vomissements, et diarrhées. Et «ça peut être violent».

Le scénario catastrophe: le grand réfectoire du village-vacances, avec sa petite charcuterie infectée en entrée. Ca grignotte, ça discute, et en fin de repas c’est la foire à la tripaille. Ces «cas extrêmes», on en compte une dizaine chaque année, raconte le gastro-entérologue. Avec hospitalisation à la clé pour les plus atteints.

Les toilettes à portée de fesses

Pour éviter le feu d’artifice intestinal, la seule prévention qui vaille, c’est la prudence. «Ne pas acheter quand on n’est pas sûr de la chaîne du froid», conseille Robert Benamouzig. Pas si simple. En revanche, vous pouvez toujours vous laver les mains pour éviter de contaminer vos aliments avec vos propres germes, et jeter les restes pour éviter que ces petites bêtes ne profitent de la chaleur pour proliférer.

Si le mal est fait, deux cas de figure: vous n’avez pas de fièvre et l’affaire se passe en moins de 48 heures, c’est moindre mal. Mangez du riz, hydratez-vous et attendez que ça passe à distance raisonnable des toilettes. Mais si vous avez de la fièvre, et que la blague se prolonge, consultez un médecin. Gardez à l’esprit que l’épisode peut durer de quelques jours à trois semaines et, courage, serrez les dents. Et le reste.