Les maladies de l'été (1/4): Sur la plage abandonnée, coquillages et crêtes de coq

SANTE C'est l'été, une maladie est vite arrivée. Faites attention où vous mettez les pieds. Et le reste...

Julien Ménielle

— 

Deux personnes participent à la course "fesses nues" sur la plage de Zandvoort, aux Pays-Bas, le 20 août 2005.
Deux personnes participent à la course "fesses nues" sur la plage de Zandvoort, aux Pays-Bas, le 20 août 2005. — VOS/ANP PHOTO/SIPA

Sea, sex and sun, la trilogie des vacances réussies. Oui mais prenez garde, à la plage, on ne ramasse pas que des bigorneaux. L'été, on se relâche, et comme au soleil tout le monde est beau, on a vite fait de se retrouver à avoir des relations sexuelles. Rien de grave, direz-vous. Mais connaissez-vous les crêtes de coq?

«C'est une vieille appellation, basée sur une description visuelle des lésions», explique à 20minutes.fr le Dr Claire Geoffray, secrétaire générale du syndicat national des dermatologues-vénérologues. Une petite verrue, qu'on appelle aussi condylome ano-génital ou végétation vénérienne, une petite élévation «avec un aspect découpé», décrit-elle, qui apparaît sur les parties génitales, l'anus, voire la bouche.

Contamination sexuelle en miroir

La petite bête se transmet par contamination sexuelle, avec «un effet miroir», raconte la dermatologue: si le partenaire est infecté au niveau du gland, le col de l'utérus ou le canal anal sera atteint. Si c'est la base du pénis, alors ce sera la vulve. Et vice versa, bien entendu. Et le pire, c'est que le préservatif n'en protège pas à tout les coups.

«Ca ne passe pas à travers, précise Claire Geoffray, mais la base de la verge n'est pas couverte». Alors comment faire? «Seul le préservatif féminin garantit une vraie protection», indique la dermatologue. Oui mais le préservatif féminin...

Pour le reste pas de panique: aucun risque d'en attraper sur des toilettes pas propres, contrairement à ce que vous a raconté Mémé. En revanche, Le Dr Geoffray prévient: «les sex toys, c'est chacun le sien», ou alors un coup de lingette avant de le prêter. Et la spécialiste de citer le cas d'un patient contaminé dans le canal anal par le jouet intime de sa femme.

Petite lésion deviendra grande

C'est que l'histoire peut mal finir, car de quelques têtes d'épingles, les crêtes de coqs peuvent passer à «la taille des doigts d'une main». Et dégénérer jusqu'au stade ultime: le cancer du col chez les femmes, ou de Buschke-Löwenstein chez les hommes. Avec à la clé un traitement chirurgical avec une ablation traumatisante. L'idée c'est de ne pas en arriver là, d'autant que vous aurez contaminé du monde en attendant.

Dermatologue, gynécologue, proctologue... Vos médecins ont les moyens de vous débarrasser de ces lésions avant qu'il ne soit trop tard. Azote liquide, comme pour les verrues (mais n'utilisez pas tout seul les produits disponibles en pharmacie), applications locales de traitements spécifiques, voire électrocoagulation sous anesthésie générale pour celles qui seraient enfouies loin dans le canal anal.

Préservatifs et vigilance

Un petit souci, toutefois: le vilain virus a tendance à se faire oublier, et à revenir, parfois longtemps après. Le mieux est donc de ne pas en avoir. «Même si sa protection est incomplète, utilisez les préservatifs, qui protège par ailleurs du HIV, des hépatites, de la syphilis... et des grossesses», conseille Claire Geoffray.

Et, le virus incubant entre 3 semaines et 3 mois voire 6 avant de donner des lésions, soyez vigilants après la rentrée. Pour ces dames: un tour chez le gynéco dans les 3 à 6 mois, un frottis et le tour et joué. Pour vous messieurs, faute de frottis, gardez l'œil ouvert et consultez au moindre doute. Et si vous avez besoin de visualiser, cherchez dans Google images. Mais éloignez les enfants et les âmes sensibles.