Non, le Parlement européen ne veut pas interdire le Nutella

CONSOMMATION La rumeur planait en Europe...

O.R. avec AFP

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Un stock de Nutella dans une crêperie italienne en juin 2010.
Un stock de Nutella dans une crêperie italienne en juin 2010. — Alberto Pellaschiar/AP/SIPA

Le Parlement européen a catégoriquement nié ce mardi vouloir interdire la vente de la célèbre pâte à tartiner Nutella via une nouvelle réglementation sur l'étiquetage nutritionnel.

«Les députés ne cherchent pas à interdire la commercialisation des produits Nutella» ou des «produits alimentaires malsains» car pouvant favoriser le surpoids, a indiqué le Parlement européen dans un communiqué.

Du côté de Ferrero France, on insisté également sur le fait que «ni le produit Nutella ni sa communication n’ont été mis en cause par l’Union européenne». Dans un communiqué, l’entreprise met en garde également sur «d’éventuelles dérives qui pourraient conduire à une stigmatisation de certains produits de consommation et des traditions alimentaires».

Profils nutritionnels

Un projet adopté en première lecture le 16 juin prévoit qu'à l'avenir les étiquettes alimentaires préciseront obligatoirement la quantité de cinq nutriments essentiels dans les produits: énergie, glucides avec une référence aux sucres, lipides, acides gras saturés et sel.

Une autre législation existante prévoit des règles sur les «profils nutritionnels», avec la possibilité pour un produit d'apposer des allégations nutritionnelles et de santé, telles que «riche en calcium» ou «bon pour le coeur».

Pour Bernard Waysfeld, nutritionniste et président de l'association Gros (groupe de réflexion sur l'obésité et le surpoids), «en petite quantité, le Nutella est même surement un excellent produit. Mais comme tous les produits à forte densité calorique, il faut le consommer dans des quantités réduites. Si on décidait de l'interdire, il faudrait aussi interdire le chocolat, la confiture, voire même le beurre».

Levée de boucliers en France et en Italie

La mise au point du Parlement européen répondait à une levée de boucliers en Italie et dans certains médias en France.

Les eurodéputés ont été accusés de vouloir empêcher, via ces nouvelles règles d'étiquetage, la vente de la marque Nutella du groupe italien Ferrero, sous prétexte qu'avec plus de 60% de sucre et d'huile de palme la pâte à tartiner ne serait pas conforme au «profil nutritionnel» souhaité.

En Italie, un député de la Ligue du Nord a fondé un comité «Touche pas à mon Nutella». Le produit est notamment fabriqué dans la ville d'Alba, dans le nord de l'Italie. Et le ministre italien des Affaires européennes, Andrea Ronchi, a dénoncé récemment un risque de «fondamentalisme nutritionnel».