Ville, cannabis, migration... le cocktail qui rend fou?

SANTE Ces trois facteurs auraient une influence sur les troubles psychotiques...

Audrey Chauvet

— 

Des étudiants israëliens fument du cannabis lors d'un concours en mars 2010.
Des étudiants israëliens fument du cannabis lors d'un concours en mars 2010. — AFP PHOTO/DAVID BUIMOVITCH

Schizophrénie, troubles bipolaires, autisme,... tous ces troubles psychotiques pourraient être favorisés par des facteurs environnementaux. Une grande étude européenne vient d’être lancée pour mieux connaître les responsabilités respectives de la génétique et de l’environnement dans l’apparition ou l’évolution de ces maladies qui touchent 2% de la population française.

Urbanicité, cannabis, migrations...

Selon Andrei Szoke, psychiatre au CHU de Créteil, les études concordent sur l’influence de 3 facteurs très répandus, en particulier dans les sociétés occidentales. Parmi eux, l’urbanicité soit le fait d’être né ou d’avoir grandi en ville. Ainsi, des observations ont permis de constater que 25% des cas de schizophrénie seraient expliqués par l’urbanicité.

La consommation de cannabis, d’autant plus si elle est importante et précoce, est aussi pointée du doigt. Il s’agit de la drogue la plus utilisée en Europe. Enfin, les migrations (avoir changé de pays ou de région, idem pour la «2ème génération») seraient aussi en cause. Il a été démontré que les populations de migrants arrivant en Europe ont un risque de développer une schizophrénie plus élevé que leur population d’origine et que les populations qui les accueillent.

Viennent ensuite des facteurs médicaux plus classiques: les infections pendant la grossesse de la mère, les complications obstétricales et un père âgé de plus de 35 ans. 

Ce qui se cache derrière l’environnement

Les médecins ne savent pas encore ce qui se cache derrière ces observations. Pourquoi l’urbanicité aurait un effet sur notre santé mentale? A cause de la pollution, d’un capital social faible, d’une densité de population qui favorise la circulation des virus? De la même manière, est-ce le stress de la migration ou les discriminations dont sont ensuite victimes les émigrés qui affaiblit leur résistance aux troubles psychotiques?

L’étude menée par le réseau de coopération scientifique en santé mentale devrait répondre à ces questions, à l’issue de cinq ans de recherches. En attendant, si les vuvuzelas vous tapent sur le système, coupez le son, par mesure de précaution...