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EspoirLe sixième homme au monde guéri du VIH raconte son long combat

« Il me restait six mois à vivre »... Le sixième homme au monde guéri du VIH raconte son long combat

EspoirLa journée mondiale de lutte contre le sida a lieu tous les 1er décembre
L'homme de 51 ans est resté trois mois dans une chambre stérile. (illustration)
L'homme de 51 ans est resté trois mois dans une chambre stérile. (illustration) - Stux / Pixabay / Pixabay
20 Minutes avec agence

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Présenté comme le sixième patient au monde en rémission du VIH en juillet dernier, Romuald a décidé de raconter pour la première fois son histoire aux médias français. Interrogé par Le Parisien en amont de la journée mondiale de lutte du sida, qui a lieu chaque 1er décembre, ce Franco-Suisse de 51 ans revient sur les nombreuses épreuves qui ont rythmé sa vie et la chance qui lui a permis de continuer à se battre.

En 1990, alors qu’il débute une carrière de mannequin à seulement 18 ans, il apprend qu’il a développé le VIH. Une maladie encore taboue et mal comprise. Heureusement, son corps semble réagir sans trop de difficultés aux différents traitements, de plus en plus efficaces à mesure que la science progresse. Trois ans plus tard, un décollement de la rétine et un glaucome, sans rapport avec sa séropositivité, lui font peu à peu perdre la vue.

« Je n’avais pas le droit à un bisou »

Un nouveau malheur le frappe en 2018, lorsque les médecins lui diagnostiquent une forme rare et très agressive de leucémie. « À l’hôpital, dans un bureau sombre de 6 m2, on m’a annoncé que sans traitement, il me restait six mois à vivre », se souvient-il.

Placé pendant trois mois en chambre stérile, Romuald a alterné les séances de chimiothérapie et les visites frustrantes. Ses proches devaient revêtir une combinaison spéciale et avaient interdiction de le toucher pour éviter une contamination potentiellement fatale. « Je n’avais pas le droit à un bisou, ça m’a profondément marqué », reconnaît le Franco-Suisse.

« C’était fabuleux »

Le 26 juillet 2018, il reçoit enfin une greffe de moelle osseuse qui lui permet de détruire les dernières cellules cancéreuses. Les mois suivants, ses prélèvements sanguins révèlent une deuxième bonne nouvelle, défiant toute probabilité : le VIH semble avoir disparu. « Je n’y croyais pas. C’était fabuleux. » Les cinq patients ayant guéri avant lui de cette maladie avaient effectivement tous reçu une greffe de cellules souches qui avait permis de renouveler en profondeur leur système immunitaire. Mais la transfusion en soi n’était pas suffisante. A chaque fois, leur donneur présentait une mutation rare d’un gène baptisée CCR5 delta 32, connue pour empêcher le VIH de contaminer les cellules. Pas le donneur de Romuald.

Les scientifiques cherchent encore aujourd’hui la raison pour laquelle l’homme de 51 ans s’est retrouvé dans cette situation miraculeuse. Pour le docteur Asier Saez-Cirion, directeur de recherche à l’Institut Pasteur, le fait que son corps ait d’abord rejeté la greffe pourrait avoir eu une incidence. « Le nouveau système immunitaire devient alors agressif et combat les cellules du patient porteur du VIH, explique-t-il. C’est sans doute un des facteurs qui a contribué à éliminer le réservoir viral ».

Si cette découverte ne constitue pas un remède en soi, elle ouvre en tout cas de nouvelles perspectives médicales et relance la lutte contre ce virus, qui touche encore chaque année 5.000 nouvelles personnes en France.

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