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handicapDyslexie, autisme... Quel plan pour les troubles du neurodéveloppement ?

Dyslexie, autisme... Que contient le nouveau plan sur les troubles du neurodéveloppement ?

handicapQuelque 680 millions d’euros seront budgétés dans cette stratégie 2023-2027 élargie aux troubles du neurodéveloppement, contre 345 budgétés pour le précédent plan 2018-22, centré sur l’autisme
Emmanuel Macron rencontre des personnes atteintes de troubles du développement neurologique lors de sa visite à la Maison de l'Autisme à Aubervilliers, au nord de Paris, le 14 novembre 2023.
Emmanuel Macron rencontre des personnes atteintes de troubles du développement neurologique lors de sa visite à la Maison de l'Autisme à Aubervilliers, au nord de Paris, le 14 novembre 2023.  -  Yoan VALAT / POOL / AFP / POOL
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

L’objectif est de « systématiquement » dépister les enfants de moins de 6 ans. Emmanuel Macron a levé le voile ce mardi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) sur la nouvelle stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement (TND), parmi lesquels l’autisme.

Détecter systématiquement dès le plus jeune âge ces handicaps invisibles, mieux accompagner, davantage scolariser, former tous les professionnels, renforcer la recherche pour comprendre les causes de ces troubles et mettre au point des stratégies efficaces de soutien : tels sont les grands axes de ce plan. Quelque 680 millions d’euros seront budgétés dans cette stratégie 2023-27 élargie aux troubles du neurodéveloppement, contre 345 budgétés pour le précédent plan 2018-22, centré sur l’autisme, et 543 effectivement engagés.

TSA, TDI, TDAH et troubles dys

La stratégie 2023-2027 est élargie aux troubles du neurodéveloppement : troubles du spectre de l’autisme (TSA), mais aussi du développement intellectuel (TDI), du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Ils incluent aussi les multiples troubles dys : dyslexie, dyscalculie, dysgraphie, dysphasie, dyspraxie, souvent détectés tardivement, à l’école primaire.

Selon les études scientifiques internationales, leur prévalence augmente dans les pays occidentaux et ils pourraient toucher aujourd’hui jusqu’à une personne sur six, indique la délégation interministérielle aux TND. Lors d’une rencontre à la Maison de l’Autisme à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le président a entendu des jeunes atteints de TND et leurs familles évoquer la méconnaissance d’enseignants mal formés qui les ont traités de « fainéants », des professionnels qui recourent au « chamanisme » ou à la psychanalyse, l’errance médicale et les longues listes d’attente pour trouver des praticiens.

Une grille de repérage dans le carnet de santé

« Il y aura toujours beaucoup de solitude et de souffrance individuelle derrière les situations : ce ne sera jamais une réponse parfaite car ce sont des vies singulières. L’objectif est d’avoir l’approche la plus humaine et individualisée possible pour accompagner les familles, les personnes et sortir chacun de sa solitude », a répondu le chef de l’Etat. La nouvelle stratégie insiste sur le repérage précoce et « systématique » des « écarts de développement » de tous les enfants de la naissance à six ans, lors des visites médicales obligatoires chez les généralistes ou pédiatres et à l’école maternelle.

Une grille de repérage sera incluse dans le carnet de santé. « Comme la courbe de poids ou le suivi des vaccins, il faut pouvoir se pencher de manière attentive et précise sur ce développement lors de chaque examen obligatoire de santé. Ce premier repérage permettra de diriger le plus tôt possible les enfants vers les plateformes de coordination et d’orientation (PCO) en cas de doute », a précisé Fadila Khattabi, ministre chargée des Personnes handicapées au Figaro. Dans la centaine de ces PCO créées depuis 2019, 55.000 enfants ont été repérés accompagnés jusqu’au diagnostic.

Mieux scolariser

Pour les accueillir à l’école ordinaire, le président a annoncé la création de 380 dispositifs pour ces enfants à besoins spécifiques, soit un « quasi-doublement » par rapport aux 410 créés entre 2018 et 2023. 45.000 enfants autistes sont scolarisés à l’école ordinaire. Il faut « accroître l’inclusivité, former les professeurs, lutter contre le harcèlement », a promis Emmanuel Macron.

Un effort sera mis sur la formation, depuis les personnels de crèches jusqu’aux enseignants ou soignants. Les professionnels de santé ou médico-sociaux pourront aller dans les écoles pour « éviter aux parents de courir aux rendez-vous », selon l’Elysée. Emmanuel Macron entend éviter des « accompagnements inadaptés » basés sur des « doctrines devenues caduques ». Depuis la précédente stratégie, le gouvernement développe aussi la recherche pour améliorer les connaissances sur l’autisme et la prise en charge. Cinq centres d’excellence (Paris, Lyon, Montpellier, Tours, Strasbourg) ont été créés et 700 chercheurs, en France, travaillent avec 400 équipes dans le monde.

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