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avancée médicaleUne neuroprothèse permet à un malade de Parkinson de remarcher normalement

Maladie de Parkinson : Une neuroprothèse permet à un malade de remarcher normalement

avancée médicaleUne équipe de chercheurs a développé une neuroprothèse destinée à corriger les troubles de la marche associés à la maladie de Parkinson. Et les résultats du test sur un premier patient sont prometteurs
Des chercheurs ont développé une neuroprothèse destinée à corriger les troubles de la marche associés à la maladie de Parkinson.
Des chercheurs ont développé une neuroprothèse destinée à corriger les troubles de la marche associés à la maladie de Parkinson. - Canva / Canva
Lise Abou Mansour

Lise Abou Mansour

L'essentiel

  • Les malades atteints de Parkinson pourraient-ils bientôt retrouver une marche fluide ? C’est ce que laissent espérer les résultats d’une étude publiée dans la revue « Nature Medicine ».
  • Des neuroscientifiques français et chercheurs et neurochirurgiens suisses ont développé et testé sur un premier patient une neuroprothèse destinée à corriger les troubles de la marche associés à la maladie de Parkinson.
  • Le Bordelais de 62 ans qui a pu bénéficier de cette prouesse technologique a, après quelques semaines de rééducation avec l’implant, retrouvé une marche presque normale. Un premier résultat prometteur.

Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson pourraient-elles bientôt retrouver une marche fluide ? C’est ce que laissent espérer les résultats d’une étude publiée dans la revue Nature Medicine. Des neuroscientifiques de l’Inserm, du CNRS et de l’université de Bordeaux, ainsi que des chercheurs et neurochirurgiens suisses, ont développé une neuroprothèse destinée à corriger les troubles de la marche présents chez 90 % des gens présentant un stade avancé de cette maladie. Les résultats du test effectué sur un premier patient sont prometteurs.

Pour pallier les chutes et le phénomène de freezing, lorsque les pieds restent collés au sol pendant la marche, l’équipe a mis au point une neuroprothèse. Cet accessoire se compose en deux parties. D’un côté, un champ d’électrodes placé contre la région de la moelle épinière qui contrôle la marche. De l’autre, un générateur d’impulsions électriques implanté sous la peau de l’abdomen. En stimulant électroniquement la zone de la moelle épinière responsable de l’activation des muscles des jambes, cette prothèse permet au patient de commander précisément un membre ou une partie de son corps.

Retour à une marche presque normale

« Des tentatives précédentes de stimulation de la moelle ont échoué car elles stimulaient en bloc les centres locomoteurs, expliquent Grégoire Courtine et Jocelyne Bloch, codirecteurs de NeuroRestore, le centre de recherche installé en Suisse. Dans le cas présent, il s’agit d’une stimulation qui se superpose au fonctionnement naturel des neurones de la moelle en stimulant, avec une coordination spatiotemporelle, les différents groupes musculaires responsables de la marche. »

Les chercheurs ont développé et testé la neuroprothèse sur un modèle de primate non humain, en reproduisant sur lui les déficits locomoteurs liés à la maladie de Parkinson. Les résultats se sont montrés concluants. Non seulement le dispositif a permis d’atténuer les déficits locomoteurs, mais il a également aidé le primate à rétablir sa capacité de marche en diminuant les phénomènes de freezing.

Le développement d’une version commerciale

Ce test prometteur a permis d’ouvrir la voie à un développement clinique pour tester le dispositif chez un patient. Marc, 62 ans dont près de trente avec la maladie, a été le premier patient testé. Il y a deux ans, l’homme originaire de Bordeaux s’est rendu au Centre hospitalier universitaire vaudois de Lausanne pour être équipé de la nouvelle neuroprothèse. Grâce à la programmation ciblée des stimulations de la moelle épinière qui s’adaptent en temps réel à ses mouvements, Marc a rapidement vu ses troubles de la marche s’estomper. Après quelques semaines de rééducation avec l’implant, il a retrouvé une marche presque normale.

Ce premier résultat prometteur offre donc de nouveaux espoirs dans le traitement des troubles de la marche dus à la maladie de Parkinson, ces derniers résistant souvent aux traitements actuellement disponibles. « Toutefois, à ce stade, ce concept thérapeutique a démontré son efficacité chez une seule personne, avec un implant qui doit encore être optimisé pour un déploiement à grande échelle », nuance l’Inserm.

De nouveaux essais cliniques sur un plus grand nombre de patients doivent démarrer dès l’année prochaine.

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