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SANTECe que l’on sait des cas de botulisme hospitalisés au CHU de Bordeaux

Bordeaux : Ce que l’on sait des cas de botulisme hospitalisés au CHU

SANTEHuit personnes, dont un cas encore en attente de confirmation, ont été admises au CHU de Bordeaux pour des cas de botulisme, maladie contractée après avoir fréquenté un restaurant du centre de la ville
Cas de botulisme à Bordeaux : Après un premier décès, des malades potentiels à identifier
Mickaël Bosredon

Mickaël Bosredon

L'essentiel

  • Selon les informations de 20 Minutes, on dénombre ce mardi huit malades hospitalisés au CHU dont cinq en réanimation.
  • La plupart des personnes sont de nationalités étrangères (américaines, canadienne, allemande). Elles ont toutes fréquenté au cours de la semaine dernière le même bar de Bordeaux, le Tchin Tchin Wine Bar.
  • C’est une épidémie qui a commencé « au début de la semaine dernière, précise Benjamin Clouzeau, médecin réanimateur, avec un pic ce week-end, qui a permis de faire le diagnostic samedi ».

Des cas de botulisme, une maladie « extrêmement rare », ont été admis ces derniers jours au CHU de Bordeaux. 20 Minutes fait le point sur les hospitalisations des patients, la gravité et l’origine de la maladie, qui serait un bar-restaurant du centre-ville où toutes ces personnes s'étaient rendues.

Combien de malades sont hospitalisés au CHU ?

On dénombre ce mardi huit malades hospitalisés au CHU dont cinq en réanimation, indique le Dr Benjamin Clouzeau, médecin réanimateur, chef de pôle au service Médecine intensive-Réanimation (MIR). L'ARS Nouvelle-Aquitaine, dans un communiqué diffusé dans la matinée, recense de son côté sept cas probables, et un huitième en cours d'analyse, dont six pris en charge par le CHU. Quatre des patients en réanimation sont intubés ventilés.

Dans quel état se trouvent les malades les plus graves ?

Pour les cas les plus graves, « le pronostic vital peut être engagé, par la paralysie des muscles respiratoires », précise le Dr Benjamin Clouzeau, ce qui a justifié la prise en charge immédiate en réanimation, « et l’administration le plus précocement possible d’un anti-toxinique, qui est un médicament qui va bloquer la toxine ». Une fois que la paralysie est installée, les nerfs restent bloqués, « et cela peut durer trois à quatre semaines, ce sont donc des personnes qui vont être dépendantes d’un respirateur pendant plusieurs semaines, pour les cinq en réanimation ». Selon l'ARS, le botulisme est mortel dans 5 à 10 % des cas.

Comment les malades ont-ils contracté la maladie ?

C’est une intoxication qui a commencé « au début de la semaine dernière, précise le chef de pôle, avec un pic ce week-end, qui a permis de faire le diagnostic samedi ». La source contaminante, le Tchin Tchin Wine Bar, un restaurant du centre de Bordeaux, a été clairement identifiée « et les mesures sanitaires ont été prises afin d’enrayer la chaîne », assure le Dr Clouzeau. Il s’agissait « d’un défaut de fabrication de conserve alimentaire, en l’occurrence un lot de boîtes de sardines ». Toutes les conserves présentes sur site ont été consignées en l’attente des résultats d’analyse, précise l'ARS. Les analyses seront effectuées par l’Institut Pasteur pour déterminer quelle est la toxine incriminée. Elles sont attendues dans les trois jours. S’il n’y a donc plus de danger, a priori, de contracter la maladie à ce jour, « on peut toutefois redouter l’arrivée de nouveaux cas jusqu’à la fin de cette semaine, le dernier repas étant samedi », précise le médecin réanimateur. « On considère que les symptômes peuvent se révéler jusqu’à huit jours après la prise alimentaire. »

Que sait-on du botulisme ?

Le botulisme est une affection neurologique grave provoquée par une toxine très puissante produite par la bactérie Clostridium botulinum. Elle se développe notamment dans les aliments mal conservés. « C’est rarissime », insiste Benjamin Clouzeau. « Nous faisions le tour de table hier entre les médecins infectiologues du CHU, nous sommes très peu en avoir vu. » L’incidence est extrêmement faible, « de l’ordre de 0,5 par million d’habitants, et c’est surtout extrêmement rare d’en voir autant d’un coup. » Le médecin réanimateur se veut toutefois rassurant. « C’est une maladie historique que l’on connaît bien. Avant l’invention de la stérilisation il y en avait fréquemment, maintenant il y en a beaucoup moins. »

Quels sont les symptômes ?

En fonction de la quantité de produit qu’on mange, « on n’ingère pas la même quantité de toxines et on présente donc des symptômes différents ». L’un des premiers symptômes à se présenter est généralement la diarrhée, « puis il peut y avoir des paralysies des nerfs, des yeux sans que cela touche la paralysie respiratoire. On peut avoir tout un panel de symptômes en fonction de la dose ingérée. Plus on en mange plus on risque une forme grave ». Dans tous les cas, « il faut inciter les gens qui sont allés manger dans l’hypercentre et présentant des signes digestifs ou atypiques, à prendre contact avec la régulation du Samu pour une prise en charge. »

Qui sont les patients hospitalisés ?

Essentiellement des personnes d’origine étrangère : Américain, Québécois, Anglais et Irlandais, Allemand. Certains étaient en France pour la Coupe du Monde de rugby, d’autres faisaient du tourisme. « Nous communiquons très largement auprès de tous les services d’accueil d’urgence, de SOS Médecins, pour que des symptômes qui pourraient passer comme banals soient bien interrogés pour savoir s’ils rentrent dans les critères d’inquiétude », détaille Benjamin Clouzeau. « Mais nous avons aussi lancé une alerte internationale » au cas où des malades seraient déjà retournés dans leur pays d’origine.


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