Strasbourg : L’appli « Kwit » pour arrêter de fumer est la première à être reconnue par l’OMS

respirez Avec plus de trois millions d’utilisateurs dans le monde, « Kwit » vient d’être validée par l’Organisme mondial de la santé (OMS) comme un moyen parmi d’autres pour se sevrer du tabagisme

Gilles Varela
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Illustration. Arrêter de fumer.
Illustration. Arrêter de fumer. — Frederic Scheiber/20 Minutes
  • L’application mobile « Kwit » vient d’être validée par l’Organisme mondial de la santé (OMS) comme un moyen parmi d’autres pour se sevrer du tabagisme.
  • Plus de trois millions de personnes l’ont téléchargée à travers le monde.
  • Le principe de « Kwit » ? La stimulation et la motivation basée sur les mécanismes du jeu pour éviter de reprendre la cigarette.

Arrêter de fumer avant de céder à la tentation et… recommencer. Ce cercle infernal pourrait bien partir en fumée grâce à l’application « Kwit ». Lancée il y a une dizaine d’années par le Strasbourgeois Geoffrey Kretz, ingénieur de formation, « Kwit » a depuis été téléchargée plus de trois millions de fois. Traduite en 14 langues et téléchargée principalement en Europe et en Amérique, l’appli a récemment été validée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’organisme mondial s’est fixé pour objectif dans un plan 2010-2025, à sortir du tabagisme 30 % de la population mondiale et a ainsi évité des millions de morts à travers le monde. « Et l’OMS a bien conscience que les outils numériques, tels que les applications mobiles, ont une grande place à jouer et ils ont élaboré un nouveau cadre d’évaluation » précise Geoffrey Ketz. Pour décrocher ce sésame, « Kwit » a donc suivi un processus de six mois. L’entreprise qui porte le nom de l’appli a dû fournir les preuves, donner des garanties, indiquer qu’un comité scientifique épaulait ses recherches, qu’une psychologue en thérapie comportementale et cognitive avait travaillé pendant cinq années avec elle, tout comme un docteur en santé publique ou, encore, qu’elle avait collaboré en externe avec des universités ou des comités scientifiques.

Résultat, « Kwit » [phonétiquement « quitter » en anglais] est devenue la première application de sevrage tabagique validée par l’OMS et est ainsi recommandée sur le site officiel de l’organisation. Une reconnaissance mondiale pour l’entreprise strasbourgeoise qui compte une dizaine d’employés.

Un programme en neuf jours

Le principe de « Kwit » ? La stimulation et la motivation. « Arrêter de fumer ou redevenir non-fumeur se construit dans la durée, rappelle Geoffrey Kretz. Une fois que les fumeurs ont arrêté, c’est là que les problèmes commencent. Rester non-fumeur, résister aux envies, aux propositions, apprendre à gérer le stress différemment (…). L’application aide à arrêter avec un programme en neuf jours et est très efficace pour garder une motivation super élevée. Car ce n’est pas la volonté qui empêche de refumer mais la motivation. »

Concrètement, « Kwit » propose « un parcours ludique, qui permet de découvrir tous les bienfaits pour son corps, la planète, son bien-être ». « Il y a des niveaux à atteindre, avec une sensation de progrès à travers le temps, qui permet de se motiver », précise encore Geoffrey Kretz. L’application se base ainsi sur les mécanismes du jeu pour aider ses usagers. Selon les options choisies (10 euros par mois ou 60 euros à l’année), il est également possible d’avoir accès à « la mise en relation avec un groupe de soutien, d’échanger avec des experts, des conseils de respiration, de gestion du stress, et même un programme en neuf jours pour se préparer à arrêter »

Selon l’ingénieur, plus de huit usagers de « Kwit » sur dix sont toujours non-fumeur après trois mois : « souvent, il y a des rechutes. Il faut plusieurs tentatives. Et plus longtemps on reste non-fumeur, plus on tient avant de récidiver, plus on a de chances d’y arriver pour le reste de sa vie. » Et forte de son expérience et de cette reconnaisse, l’entreprise planche une nouvelle application qui aiderait à lutter contre l’alcoolisme et sur une autre… contre l’addiction au sucre.