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VirusFaut-il s’inquiéter de Pirola, ce nouveau variant du Covid déjà en France ?

Covid-19 : Faut-il s’inquiéter de Pirola, ce nouveau variant désormais présent en France ?

VirusDétecté notamment en Espagne, a été placé sous surveillance par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et un premier cas a été identifié ce jeudi en France
Avec ses nombreuses mutations, Pirola pourrait entraîner un échappement immunitaire. Assez pour entraîner un rebond épidémique ?
Avec ses nombreuses mutations, Pirola pourrait entraîner un échappement immunitaire. Assez pour entraîner un rebond épidémique ? - Fred Scheiber / SIPA
Anissa Boumediene

Anissa Boumediene

L'essentiel

  • Ces derniers jours, un nouveau variant du Covid-19 a été mis au jour. Il s’agit de BA.2.86, aussi baptisé Pirola.
  • Identifié dans une demi-douzaine de pays, Pirola est désormais présent en France, où un premier cas a été rapporté ce jeudi.
  • Présentant un nombre très important de mutations, Pirola pourrait-il provoquer une nouvelle vague massive de contaminations ? « 20 Minutes » fait le point sur ce que l’on sait de lui.

Encore un petit nouveau dans la famille Omicron. Le 17 août, « l’OMS a placé sous surveillance un nouveau variant porteur de nombreuses mutations, le variant BA.2.86, ce qui souligne une fois de plus la nécessité pour tous les pays de poursuivre les activités de surveillance », déclarait le lendemain le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Pourquoi ce dernier sous-variant identifié, et depuis baptisé Pirola, est-il dans le viseur de l’OMS ? Faut-il s’inquiéter de le voir arriver en France, où un premier cas a été détecté ? Et pourrait-il causer un rebond épidémique en Europe ? 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait.

De nombreuses mutations mais peu d’informations

Si Pirola suscite déjà l’attention, c’est parce que ce nouveau variant présente « un nombre important de mutations qui pourraient aider le virus à échapper à la réponse immunitaire », explique à l’agence de presse italienne Ansa le Pr Massimo Ciccozzi, directeur de l’Unité de statistiques moléculaires et d’épidémiologie du Campus Bio-Medico de Rome, et coauteur d’un article sur le variant Pirola publié dans Journal of Medical Virology. Parmi la trentaine de mutations observées, « deux en particulier doivent être surveillées car elles pourraient le rendre plus transmissible ».

Et si les scientifiques indiquent manquer encore d’informations sur Pirola, « l’augmentation des mutations est un changement significatif, similaire au saut qui s’est produit entre les variants Delta et Omicron », estime Roger Paredes, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Germans Trias à Pujol, en Catalogne, dans un entretien au média El Périodico. En novembre 2021, Omicron, découvert en Afrique du Sud, avait en quelques semaines supplanté le variant Delta à l’échelle internationale.

En revanche, Pirola ne semble pas être associé à ce jour à des symptômes particuliers. « D’après le peu de données disponibles, ils ressemblent à ceux de la grippe, avec une fièvre à 38 °C pendant quelques jours, un rhume intense et des maux de tête, a détaillé le Pr Ciccozzi. Comme pour certains des derniers variants apparus, il n’est plus caractérisé par des cas asymptomatiques ».

Identifié dans plusieurs pays dont la France

C’est le 24 juillet que ce nouveau variant a été mis au jour au Danemark. Il a depuis été détecté en Afrique du Sud, aux Etats-Unis, en Israël, au Royaume-Uni, mais aussi en Suède, au Portugal et au Canada, selon la base de données Gisaid. Ainsi qu’en Espagne, en Catalogne, région frontalière de l’Hexagone. Mais Pirola est désormais aussi présent en France, selon le Gisaid, qui indique ce jeudi qu’un premier cas du nouveau variant a été séquencé dans le pays.

« Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que, contrairement à d’autres variants, il n’y a pas de lien épidémiologique entre les différents cas, observe le Pr Ciccozzi. C’est-à-dire qu’ils ne semblent pas liés entre eux ».

Des effets épidémiologiques encore inconnus

Alors que sous l’effet d’Eris, autre sous-variant d’Omicron, les contaminations repartent à la hausse, Pirola pourrait-il causer un rebond épidémique du Covid-19 en Europe et dans le monde ? « L’impact potentiel des mutations de BA.2.86 n’est pas connu pour le moment », a répondu l’OMS, qui réitère son appel à « une meilleure surveillance, séquençage et notification des cas de Covid-19, comme ce virus continue de circuler et d’évoluer ». Bien que le coronavirus « ne soit plus une urgence sanitaire mondiale, il demeure une menace pour la santé mondiale », a insisté Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Les données sont encore parcellaires, mais certains scientifiques esquissent déjà de possibles trajectoires. Pirola « a toutes les caractéristiques de quelque chose qui pourrait décoller, cependant, notre paysage immunitaire est maintenant complexe, il est donc trop tôt pour dire que ce sera le cas, avance sur X [Twitter] Kristian G. Andersen, chercheur danois en maladies infectieuses et génomique. Mais je pense que c’est possible ».

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Pour le Pr François Balloux, professeur de biologie computationnelle à l’University College de Londres, « BA.2.86 est la souche de Sars-CoV-2 la plus frappante dont le monde ait été témoin depuis l’émergence d’Omicron », rapporte le British medical journal. Mais, rassure le Pr Balloux, « même dans le pire des cas, où BA.2.86 provoquerait une nouvelle vague de cas, nous ne nous attendons pas à assister à des niveaux comparables de formes graves et de décès comme nous l’avons vu plus tôt dans la pandémie lorsque les souches Alpha, Delta, ou les autres sous-variants d’Omicron se sont propagés ».

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