Papillomavirus : La vaccination des adolescentes progresse, mais pas suffisamment

CANCER La couverture vaccinale, estimée à 43,6 %, est loin de l’objectif de 60 % du gouvernement

20 Minutes avec agences
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Une dose de vaccin contre les infections à papillomavirus (HPV).
Une dose de vaccin contre les infections à papillomavirus (HPV). — Charles Rex Arbogast/AP/SIPA

La vaccination des adolescentes contre les infections à papillomavirus (HPV), qui peuvent provoquer plusieurs cancers, a connu une « amélioration » en 2021, selon une étude de Santé Publique France publiée ce mardi. Elle reste cependant à des « niveaux modérés », notamment chez les plus défavorisées.

Une couverture vaccinale faible par rapport au reste de l’Europe

En France métropolitaine, la couverture vaccinale des adolescentes de 15 à 18 ans contre le papillomavirus, notamment lié au cancer de l’utérus, est estimée à 43,6 %. La vaccination connaît donc une progression dans cette tranche d’âge puisque des données antérieures estimaient la proportion d’adolescentes vaccinées à 29,4 % en 2018.

La couverture vaccinale des jeunes filles contre ces infections reste cependant « modérée » et « loin de l’objectif de 60 % » du plan cancer 2014-2019, souligne Santé Publique France. Elle apparaît aussi parmi les plus faibles d’Europe, où certains pays (Finlande, Hongrie, Norvège, Espagne, Royaume-Uni, Suède) comptent plus de 70 % d’adolescentes vaccinées.

Plus de 13 % des parents n’en ont jamais entendu parler

Autre constat : la vaccination des adolescentes contre les HPV reflète des inégalités. Géographiquement, les couvertures vaccinales sont particulièrement basses dans les Outremers (13,8 % en Guadeloupe, 17,2 % en Martinique, 22,6 % en Guyane, 24,0 % à La Réunion).

Des critères sociaux jouent aussi. Plus les parents ont des revenus élevés, plus les adolescentes sont vaccinées et si un parent (ou les deux) est au chômage, la couverture vaccinale est « particulièrement faible ». En métropole, plus de 13 % des parents d’adolescentes n’ont pas entendu parler de cette vaccination et la méconnaissance est encore plus élevée dans les Outremers.



La vaccination contre le papillomavirus est recommandée en France chez les filles depuis 2007, chez les garçons depuis 2021. « L’organisation de la vaccination par la médecine scolaire pourrait permettre d’augmenter les couvertures vaccinales », selon Santé Publique France. Le ministre de la Santé, François Braun, a exprimé plusieurs fois la volonté d’accroître la vaccination dans ce domaine.