La greffe de cellules va révolutionner la vie de certains diabétiques

INNOVATION Une nouvelle thérapie contre le diabète, basée sur la greffe, a vu le jour dans un laboratoire de recherches de Lille

Gilles Durand
Illustration d'injection d'insuline chez un patient atteint de diabète de type 2.
Illustration d'injection d'insuline chez un patient atteint de diabète de type 2. — John Locher
  • L’assurance maladie vient de reconnaître une nouvelle thérapie : la greffe d’îlots pancréatiques.
  • Facteur d’innovation scientifique, cette intervention chirurgicale permet en effet aux patients, d’éviter les injections d’insuline.
  • Il s’agit du fruit d’une quinzaine d’années de recherche au sein d’un laboratoire de recherche publique sur le diabète (EGID) à Lille, dans le Nord.

Avancée révolutionnaire pour les diabétiques. L’assurance maladie vient de reconnaître une nouvelle thérapie : la greffe d’îlots pancréatiques. Facteur d’innovation scientifique, cette intervention chirurgicale permet en effet aux patients, d’éviter les injections d’insuline. Le fruit d’une quinzaine d’années de recherche au sein d’un laboratoire de recherche publique sur le diabète à Lille, dans le Nord.

« Il s’agit de la première greffe remboursée depuis la greffe du poumon, il y a 20 ans », se félicite François Pattou, chirurgien et co-fondateur de l’institut de recherche sur le diabète (EGID). Voilà une quinzaine d’années que lui et son équipe travaillent sur cette alternative à l’insulino-dépendance.

Forme auto-immune de la maladie

« Pendant toute cette période de recherche, une soixantaine de personnes ont bénéficié de cette greffe à Lille, quelques-unes à Strasbourg aussi, et ça marche », explique François Pattou à 20 Minutes. Plus des trois quarts des patients présentent un greffon viable, dix ans après la greffe.

Résultat, la Haute autorité de santé (HAS) a décidé de démocratiser le traitement chirurgical qui s’applique à des diabétiques de type 1 dont la forme auto-immune de la maladie est la plus sévère. Chez ces personnes, les cellules du pancréas sont détruites par des cellules immunitaires, entraînant la disparition de sécrétion d’insuline. Or c’est cette hormone qui pilote la diminution du taux de sucre dans le sang.

« Plus besoin d’effectuer des injections »

Si le type 1 ne représente que 5 à 10 % des patients atteints de diabète, les conséquences sont souvent très graves. Cette maladie était, d’ailleurs, mortelle avant que le contrôle à l’aide d’injections d’insuline soit possible. « Grâce à cette greffe, les patients n’ont plus besoin d’effectuer ces injections dont l’inconvénient est d’avoir une efficacité relative », souligne François Pattou.



Le chirurgien est donc parti du principe que les cellules détruites pouvaient être remplacées grâce à une greffe. « Les îlots sont des cellules très rares, cachées au sein du pancréas. On en prélève une petite quantité, l’équivalent d’un dé à coudre, pour effectuer une greffe », indique-t-il. La production de ces îlots s’effectue dans l’équipe du laboratoire de la professeure Julie Kerr-Conte, le suivi des personnes diabétiques étant dévolu à la professeure Marie-Christine Vantyghem. « Désormais, nous pouvons espérer réaliser entre 100 et 200 greffes par an, précise François Pattou. Et cette thérapie doit se développer partout en France. »

Un prix et 60.000 euros de dotation

Le professeur François Pattou et son équipe ont reçu, le 21 novembre, à la maison de la Recherche, à Paris, le prix Line Renaud-Loulou Gasté et une dotation de 60.000 euros. Ce fonds de dotation récompense une avancée scientifique majeure, tous domaines confondus.