La variole du singe se transmet souvent avant les premiers symptômes, selon une étude

ÉPIDÉMIE Cette découverte, si elle est confirmée, pourrait modifier la gestion de la maladie au niveau national et international

20 Minutes avec agences
En France comme dans de nombreux autres pays, une campagne de vaccination contre la variole du singe a été lancée. (Illustration)
En France comme dans de nombreux autres pays, une campagne de vaccination contre la variole du singe a été lancée. (Illustration) — SYSPEO/SIPA

Selon une nouvelle étude, le virus de la variole du singe se transmet souvent avant l’apparition des premiers symptômes. Ces résultats, qui doivent encore être confirmés, pourraient jouer un rôle important dans la gestion de l’épidémie.

Selon ces travaux, publiés ce mercredi dans le British Medical Journal, la « transmission pré-symptomatique » de la variole du singe apparaît « considérable ». L’étude a été menée au Royaume-Uni, l’un des premiers pays où s’est étendue l’épidémie actuelle. Elle a provoqué depuis le printemps 2022 l’apparition de nombreux cas en Europe et sur le continent américain.

3.000 patients étudiés

L’épidémie, qui a frappé près de 80.000 patients et a provoqué une trentaine de décès, semble actuellement se résorber. Mais les autorités sanitaires restent vigilantes. A ce titre, il est important de connaître le risque de transmission « silencieuse », pendant la période d’incubation avant que le patient ne présente de premiers symptômes. Les chercheurs ont tenté de répondre à cette question en examinant les données de près de 3.000 patients britanniques.

Cet examen a permis de se faire une idée de deux types de délais et de les comparer. Le premier est le temps d’incubation, pendant lequel le patient porte le virus sans le savoir. Le second est le délai qui s’écoule à partir de l’apparition des symptômes chez un patient donné, jusqu’à leur apparition chez celui à qui il a transmis la maladie.


Des résultats à confirmer

Selon l’étude, ce second délai tend à être plus court que le premier, ce qui va dans le sens d’une transmission avant les premiers symptômes. Cette transmission pré-symptomatique représenterait plus de la moitié des cas, et pourrait intervenir jusqu’à quatre jours avant les symptômes.

Ces résultats doivent être confirmés par d’autres études. A l’heure actuelle et même avec ce travail, la transmission pré-symptomatique « n’est pas irréfutable », selon les chercheurs, même si leur étude marque selon eux un pas important dans cette direction.