Octobre rose : « La vie ne s’arrête pas à 25 ans », confie Amandine, touchée par un cancer du sein

COMBATTANTE Le diagnostic de la tumeur est tombé à 24 ans pour Amandine qui a décidé de « se battre » et participera au Triathlon des Roses, dimanche, à Antibes

Elise Martin
Amandine lors de l'événement « Régates royales » à Cannes
Amandine lors de l'événement « Régates royales » à Cannes — Amandine
  • A seulement 24 ans, Amandine a appris qu’elle avait le cancer du sein.
  • Pas d’antécédents familiaux, pas d’autres raisons que « la faute à pas de chance », dit-elle.
  • Elle a décidé de « prendre le positif » et « d’aller de l’avant ». Elle participera pour la première fois de sa vie à un triathlon, dimanche, à l’occasion de celui des Roses, à Antibes qui lève des fonds pour la recherche sur les cancers du sein.

« Jamais de la vie je n’aurais jamais imaginé faire un triathlon à mes 25 ans », s’exclame Amandine. Cette ingénieure environnementale en BTP, originaire de Grasse, participera pour la première fois de sa vie à cette compétition qui enchaîne natation, cyclisme et course à pied à l’occasion du Triathlon des Roses. C’est événement, dont le but est de lever des fonds pour la recherche sur les cancers du sein, aura lieu pour la première fois à Antibes, dans les Alpes-Maritimes, dimanche, après s’être déroulé à Toulouse et Paris en septembre.

« Quand on me parlait de cette compétition, où quand j’entendais parler de l’Ironman à Nice, je me disais que les personnes qui participaient étaient des machines. Et maintenant, c’est moi qui vais faire ça, rit la jeune femme. En plus, c’est symbolique parce que le parcours passe par des endroits où j’allais plus jeune. Ce sera drôle de repasser dans ces coins où on parlait de nos problèmes qui nous paraissaient insurmontables ados pour vaincre mes problèmes d’adulte aujourd’hui. »

« C’est moi qui vais gagner »

Au début du mois, elle a déjà participé au « Jogging des roses ». « J’ai réussi à faire 7 km en quarante-cinq minutes, alors que la course, à la base, ce n’est pas trop mon truc. Bientôt, je participerai aussi au marathon Nice Cannes. Rien n’est impossible ! »

La Niçoise en fait même « son challenge personnel ». « La maladie m’a, en quelque sorte, poussée à réaliser ces défis. Quand on traverse ce genre de choses, on tente ce qu’on n’aurait jamais fait. On n’a moins peur de l’inconnu puisqu’on vit avec ça tous les jours. Et puis, c’est aussi très important pour moi parce que je suis encore en train de suivre mon traitement du cancer. Je veux montrer que c’est moi qui vais gagner. »



Amandine qui était « très bonne nageuse adolescente » avait « laissé un peu de côté le sport tout en continuant les randonnées » lorsqu’elle a commencé ses études mais s’y est remise « grâce à la maladie ».

« Ça m’aide à me sentir mieux et ça a réduit considérablement les effets secondaires du traitement. Il faut que les femmes, quel que soit l’âge auquel ça leur arrive, essaie de voir le bon côté pour sortir le meilleur d’elle-même. Je sais que ce n’est pas facile. Quand j’ai été diagnostiquée, j’avais 24 ans et je ne m’y attendais pas du tout. Personne de ma famille n’avait déjà eu un cancer du sein. J’ai simplement remarqué quelque chose d’anormal grâce à l’autopalpation. C’était en mars. Et les choses se sont enchaînées. On m’a fait une mastectomie partielle, une préservation ovocytaire, puis la première chimio fin mai. La dernière, ce sera le 27 octobre. Après ce sera la radiothérapie. »

« C’est la faute à pas de chance »

L’annonce de la tumeur a été « très difficile » pour la jeune femme. Elle ajoute : « On ne se prépare jamais à avoir ce genre de nouvelles. À ce moment-là, on se dit que c’est injuste, parce que je ne fume pas, j’ai une bonne hygiène de vie, je suis jeune. Il n’y a pas vraiment de raison, c’est la faute à pas de chance comme on dit. Ce n’est pas évident. J’ai alors cherché des personnes vers qui me tourner et j’ai trouvé le Gang des crânes rasés et SOS cancer du sein. Même une fois guérie, je veux continuer d’être proche de ces structures, pour leur rendre ce qu’elles m’ont apporté et pouvoir aider à mon échelle en montrant que malgré la maladie, on peut quand même profiter. La vie ne s’arrête pas là. »

La Niçoise se concentre désormais sur sa carrière professionnelle et son avenir. « Au-delà des cicatrices, des changements d’apparence, ceux dans notre vie qu’on n’a pas vraiment choisis, ma principale peur était de ne pas pouvoir avoir d’enfants. C’est pour cette raison que j’ai fait la préservation ovocytaire. D’une manière générale, avec le cancer du sein, j’ai compris que tout ne tient qu’à un fil. Ça m’a permis de revoir mes priorités et de ne plus remettre les choses au lendemain. »