Toulouse : 12.000 habitants concernés par une surveillance sanitaire d’exposition au plomb

SATURNISME La détection de concentration de plomb près d’une usine Seveso, fermée en 2020, a conduit les autorités à lancer une surveillance sanitaire auprès de 12.000 riverains

Béatrice Colin
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Le quartier de Fondeyre, et son site pétrolier, à quelques kilomètres seulement du centre ville. 20/09/2011 Toulouse
Le quartier de Fondeyre, et son site pétrolier, à quelques kilomètres seulement du centre ville. 20/09/2011 Toulouse — FRED SCHEIBER
  • Il y a deux ans, la société STCM, qui recyclait des batteries, a fermé ses portes au nord de Toulouse.
  • De récentes analyses ont montré des concentrations supérieures au seuil réglementaire dans un périmètre de 700 mètres autour de l’usine.
  • Si aucun cas de saturnisme n’a été constaté, vendredi, la préfecture et l’Agence régionale de santé lancent une surveillance sanitaire de la population riveraine, soit 12.000 habitants, pour détecter d’éventuelles contaminations au plomb.

Pendant près de 70 ans, la société STCM, implantée sur la zone de Fondeyre, au nord de Toulouse, a recyclé des batteries. En 2020, cette entreprise classée Seveso a fermé ses portes. Mais l’exploitation d’une fonderie de plomb, entre 1952 et 2011, a laissé des traces. Si les émissions de plomb dans l’air ont disparu avec l’arrêt de cette activité, les dernières investigations sur la qualité des sols montrent qu’à 700 mètres autour du site, les concentrations peuvent dépasser le seuil des 300 mg de plomb par kg fixé par le Haut conseil pour la santé publique.

Et en cas d’ingestion régulière de plomb, qu’il soit présent dans la terre ou les poussières, il peut y avoir des conséquences sur la santé des populations les plus fragiles, susceptibles de développer une intoxication baptisée saturnisme. Celle-ci peut avoir des conséquences sur le système nerveux, en particulier sur son développement chez les moins de 7 ans, la moelle osseuse ou encore les reins. Pour détecter les cas, il est nécessaire de faire une plombémie qui permet de connaître le taux de plomb dans le sang. Pour l’heure, la préfecture de région assure qu’aucun cas n’a été détecté dans l’environnement de la STCM.

Sur la zone sous surveillance, plus de 1.500 élèves

Mais, par précaution, elle met en place à compter de ce vendredi une surveillance sanitaire dans un périmètre élargi autour de l’avenue de Fondeyre. Ce qui est loin d’être anodin puisque 12.000 personnes résident dans la zone concernée, ainsi que six établissements scolaires réunissant 1.526 élèves, trois crèches et un institut médico-éducatif.


Zone concernée par la surveillance sanitaire au plomb près de l'ancienne usine STCM, à Toulouse.
Zone concernée par la surveillance sanitaire au plomb près de l'ancienne usine STCM, à Toulouse. - ARS

« L’objectif du dispositif est de détecter d’éventuelles contaminations de riverains au plomb afin de proposer, le cas échéant, une prise en charge médicale aux personnes concernées », indiquent les services de l’Etat dans un communiqué.



Un « dépistage saturnisme », grâce à une prise de sang, va donc « préférentiellement » être proposé aux personnes les plus sensibles, notamment les enfants de moins de 7 ans, femmes enceintes ou encore celles qui ont un projet de grossesse. « L’assurance maladie enverra un courrier d’invitation au dépistage à tous les foyers comprenant des personnes sensibles identifiées », poursuivent les autorités.

Les riverains peuvent aussi s’adresser à leur médecin pour obtenir une prescription pour une prise de sang. En cas de plombémie élevée, soit un taux supérieur à 50 g de plomb par litre de sang, une visite au domicile pourrait avoir lieu « afin de caractériser son exposition locale au plomb et d’adapter les mesures de prévention de l’exposition au contexte de son foyer », indique l’Agence régionale de santé.