Lyon : La pollution responsable du cancer du sein, confirme une étude du centre Léon-Bérard

MALADIE Avec des niveaux conformes aux recommandations de l’OMS, 9 % des cancers constatés auraient pu être évités, souligne l’étude

20 Minutes avec AFP
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Selon une étude menée à Lyon, l'exposition à certains polluants de l'air augmente le risque de cancer du sein.
Selon une étude menée à Lyon, l'exposition à certains polluants de l'air augmente le risque de cancer du sein. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
  • L’étude Xénaire, pilotée par le centre Léon Bérard de Lyon, confirme que les polluants de l’air peuvent accroître le risque de cancer du sein.
  • Elle va dans le sens d’autres travaux réalisés récemment.
  • Selon cette étude, « 9 % des cas détectés auraient pu être évités » si les niveaux de pollution avaient été conformes aux recommandations de l’OMS.


Etre exposé à certains polluants de l’air pourrait augmenter le risque de cancer du sein. C’est ce que confirme une étude menée sur plusieurs milliers de femmes en France, qui va dans le sens d’autres travaux récents.

Cette étude - baptisée Xenair et réalisée par des membres du Centre Léon Bérard de Lyon, de Gustave Roussy, de l’Ecole Centrale de Lyon, de l’université de Leicester (Royaume-Uni), de l’INERIS, du centre Bordeaux Population Health - atteste, entre autres, d’un risque accru de cancer du sein en cas d’exposition au dioxyde d’azote.

On connaît déjà très bien les facteurs de risque génétiques ou hormonaux du cancer du sein, le plus fréquent chez la femme, et aussi ceux liés à l’âge ou au mode de vie (alcool, activité physique, etc.). Mais, ces dernières années, plusieurs études ont aussi mis en avant le rôle de certains polluants.

1.700 cancers du sein liés au dioxyde d’azote chaque année

Les auteurs d’une métanalyse parue en 2021 pointaient notamment l’exposition au dioxyde d’azote, en estimant qu’environ 1.700 cancers du sein chaque année en France pourraient y être liés. Ils jugeaient en revanche moins concluants les résultats sur le risque lié aux particules fines.



Les auteurs de l’étude Xenair ont, eux, exploré l’association entre le risque de cancer du sein et l’exposition chronique à faible dose à 8 polluants atmosphériques : les polluants ayant des propriétés xénoestrogènes - dioxines, BaP, PCB, cadmium - et des polluants auxquels l’exposition est quotidienne - particules fines (PM10 et PM2.5), dioxyde d’azote (NO2), ozone (O3) –, selon un communiqué.

Leurs travaux ont porté sur 5.222 cas de cancer du sein (diagnostiqués entre 1990 et 2011), issus d’une cohorte nationale suivie depuis vingt-deux ans, comparés au même nombre de cas indemnes. Pour chaque polluant, des expositions moyennes et cumulées ont été estimées pour chaque femme, tenant compte notamment des lieux d’habitations.

« 9 % des cancers auraient pu être évités »

Une augmentation du risque de cancer du sein a, là encore, été mesurée en lien avec l’exposition au dioxyde d’azote. Ces résultats doivent donner lieu à une publication prochaine dans la revue Environmental Pollution. Un risque a aussi été mis en évidence avec BaP et PCB153, deux perturbateurs endocriniens. Les chercheurs évoquent aussi, cette fois, un risque lié aux particules fines. Mais ces résultats ne sont pas, eux, encore prêts à être publiés. Aucune association n’a été mise en évidence pour le cadmium et les dioxines, et les analyses sont en cours pour l’ozone.

Si l’exposition aux polluants des femmes suivies a diminué depuis 1990, ozone excepté, les niveaux d’exposition pour les dioxydes d’azote et les particules restent largement supérieurs aux recommandations sanitaires, observent les chercheurs.

Avec des niveaux d’exposition conformes aux seuils européens pour le dioxyde d’azote (40 µg/m3), « 1 % des cancers du sein de la population XENAIR auraient pu être évités » et, avec des niveaux conformes aux recommandations de l’OMS (10 µg/m3), le chiffre atteint « près de 9 % », selon le communiqué.