Finistère : Un produit sanitaire à base de sang de ver marin certifié CE

avancée Développée par la société bretonne Hemarina, la solution Hemo2life permet de conserver des greffons en attente de transplantation

J.G. avec AFP
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L'hémoglobine de l'arénicole a des propriétés oxygénantes largement supérieures à celles de l'être humain.
L'hémoglobine de l'arénicole a des propriétés oxygénantes largement supérieures à celles de l'être humain. — Hémarina
  • Un produit sanitaire fabriqué à partir de l’hémoglobine d’un ver marin vient d’obtenir le certificat CE, lui permettant sa mise sur le marché européen.
  • L’hémoglobine de l’arénicole a des propriétés oxygénantes largement supérieures à celles de l’être humain.
  • Le produit Hemo2life développé par l’entreprise bretonne Hemarina doit permettre d’améliorer la conservation des greffons en attente de transplantation.

Cela faisait quinze ans que son fondateur attendait ça. Basée à Morlaix (Finistère), la société Hemarina vient enfin de décrocher le marquage CE pour son produit Hemo2life réalisé à partir de l’hémoglobine d’un ver marin, ce qui va lui permettre sa mise sur le marché européen. Dans un communiqué, l’entreprise affirme que son produit « révolutionne la préservation des greffons en attente de transplantation, sans modifier les protocoles cliniques, et avec un effet démontré sur la survie des patients post-greffe ».

Fondée par Franck Zal, ancien chercheur au CNRS, Hemarina exploite les propriétés du ver arénicole, dont l’hémoglobine est capable de transporter 40 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine. Hemarina utilise cette propriété pour oxygéner les greffons lors des transplantations d’organes.

Des tests menés pendant la crise du Covid-19

Hemo2life « permet l’oxygénation physiologique des greffons rénaux optimisant ainsi leur temps de conservation et leur qualité », souligne la société. « Cette technologie pourra désormais être une solution privilégiée pour chaque intervention dans les pays de l’Union européenne et ceux où le marquage CE est reconnu. Hemo2life permettra de faire basculer la transplantation d’une procédure d’urgence à une médecine programmée », ajoute-t-elle.


En mars 2020, au tout début de la pandémie de Covid-19, la société bretonne avait déjà fait parler d’elle. Pour tenter de soigner des malades, Franck Zal avait mené des tests en administrant à des patients atteints du Covid-19 une solution issue du sang de l’animal aux pouvoirs d’oxygénation très importants. L’essai clinique avait finalement été suspendu le 9 avril par l’Agence du médicament après la découverte des résultats négatifs d’une étude précédente menée sur des porcs.