Nantes : Un espoir pour mieux prévenir les rejets après une greffe de poumon ou de rein

START-up A Nantes, la medtech BioMAdvanced Diagnostics travaille sur un innovant test d’aide au diagnostic

Julie Urbach
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La medtech nantaise BioMAdvanced Diagnostics est composée de huit salariés
La medtech nantaise BioMAdvanced Diagnostics est composée de huit salariés — BioMAdvanced Diagnostics
  • La start-up nantaise BioMAdvanced Diagnostics a annoncé cette semaine une levée de fonds de 1,7 million d’euros.
  • Elle travaille sur un innovant test d’aide au diagnostic pour aider les médecins à prévenir les rejets chez les greffés du poumon et du rein.

Il s’agit d’une opération à haut risque, qui se solde malheureusement dans la moitié des cas par un rejet dans les cinq ans. Mais dans les prochaines années, la greffe du poumon pourrait être davantage teintée de succès, espère BioMAdvanced Diagnostics, qui a annoncé en début de semaine une levée de fonds de 1,7 millions d’euros. Cette start-up nantaise de huit salariés travaille, en lien avec le CHU de Nantes notamment, sur d’innovants tests d’aide au diagnostic. Objectif de ces calculs, basés sur un algorithme : mieux prédire les risques de rejet chez le patient tout juste greffé, d’un poumon donc mais aussi d’un rein.

« Grâce à une prise de sang, on peut détecter et quantifier l’ARN produit par des gênes spécifiques du rejet, explique Frédéric Pette, cofondateur et dirigeant de la medtech. Un diagnostic jusqu’à présent très difficile à faire pour les médecins, surtout quand on sait que dans un quart des cas, pour une greffe du rein, cette réaction ne montre aucun signe clinique. » Car le nouvel organe peut être mal accueilli par l’organisme du malade, dont le système immunitaire se retourne parfois ensuite contre le greffon, et le détruire. C’est pour cela que l’on administre aux patients de lourds traitements appelés « immunosuppresseurs »… qui ont eux aussi des effets secondaires, et notamment un risque d’infection. « La deuxième cause de mortalité après le rejet », précise Frédéric Pette.

« Un signal d’alarme »

Le test, qui devra être réalisé tous les six à douze mois à l’hôpital dans le cadre des examens réguliers du greffé, devrait donc permettre d’alléger ses traitements s’il est « vert ». « S’il est rouge, c’est un signal d’alarme qui permettra aux médecins de faire d’autres analyses, de prendre le rejet assez tôt pour aider le patient à le surmonter au mieux », rapporte Frédéric Pette. Deux études de performance clinique seront menées en début d’année prochaine en parallèle d’une deuxième levée de fonds, pour une mise sur le marché espérée en 2025.



« En 2021, plus de 5.000 transplantations ont eu lieu en France, et la greffe de rein représente les deux tiers, avance BioMAdvanced Diagnostics. Le nombre de transplantations augmente tous les ans et la France s’est donné l’objectif de réaliser entre 6.760 et 8.530 greffes d’ici à 2026, soit 40 % de plus qu’aujourd’hui. » La start-up espère diffuser sa solution dans une douzaine de pays, et ouvrir une filiale aux Etats-Unis.