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SATURNISMEDes enfants portent dans leur sang les stigmates de Metaleurop

Pas-de-Calais : Des enfants portent dans leur sang les stigmates de Metaleurop

SATURNISMEPrès de 20 ans après la fermeture de l’usine Metaleurop, plusieurs cas de saturnisme ont été dépistés chez des enfants habitants dans les communes limitrophes du site
L'usine Metaleurop un an après l'annonce de sa fermeture en 2003.
L'usine Metaleurop un an après l'annonce de sa fermeture en 2003. - Pouzet / SIPA / Sipa
Mikaël Libert

Mikaël Libert

L'essentiel

  • Une campagne de dépistage du saturnisme est menée depuis juin dernier aux alentours de l’ancien site de Metaleurop.
  • Sur les 889 premiers enfants testés, 7 sont considérés comme des cas avérés de saturnisme et 61 autres sont au seuil de vigilance.
  • Plusieurs écoles des communes limitrophes du site présentent des taux de plomb dans les sols supérieurs au seuil admis.

Du plomb dans les veines. La fermeture de l’usine Metaleurop, à Noyelles-Godault, en 2003, aura fait couler beaucoup d’encre à l’époque. Sacrifiée sur l’autel de la rentabilité, la fonderie de plomb et de zinc a laissé sur le carreau des centaines de salariés et une pollution des sols dont on ne mesurait pas encore l’ampleur. Dix-neuf ans plus tard, si la misère sociale engendrée s’est diluée avec le temps, le plomb, lui, n’a pas disparu, fixé dans le sang des habitants. Une récente campagne de dépistage a permis de détecter 7 cas de saturnisme chez les plus jeunes voisins de l’ancien site industriel.

En juin dernier, 20 Minutes évoquait la nouvelle campagne de dépistage collectif du saturnisme déployée dans les 5 communes limitrophes de l’ancienne fonderie : Leforest, Evin-Malmaison, Courcelles-lès-Lens, Dourges et Noyelles-Godault. Les cibles de cette campagne, basée sur le volontariat, étaient les jeunes de moins de 18 ans. En quatre mois, 889 enfants se sont présentés pour être dépistés, soit près de 12 % de la population cible selon l’Agence régionale de santé (ARS). Les premiers résultats sont édifiants.

Sept cas avérés et 61 autres à surveiller

L’autorité régionale de santé confirme 7 cas avérés d’enfants atteints de saturnisme avec un taux de plomb dans le sang supérieur ou égal à 50 µg/l (seuil de définition de la maladie). Ils sont 61 enfants à présenter une plombémie comprise entre 25 et 49,9µg/l, fourchette qui correspond au « seuil de vigilance » et nécessite un contrôle régulier de l’évolution dans le temps. Les analyses du sang des 821 enfants restants montrent une présence de plomb comprise entre moins de 10 µg/l et 24,9µg/l, sachant que la moyenne régionale s’établit, selon l’ARS, à 14 µg/l.

Comment expliquer de tels taux de contamination alors que, le groupe Suez, chargé par les pouvoirs publics de traiter le site, se félicitait d’une « dépollution et reconversion durable réussie pour le site de Metaleurop Nord » ? En fait, si l’on en croit l’ARS, le lien entre ces cas et Metaleurop n’est pas forcément systématique. Lors des investigations menées aux domiciles des 7 enfants atteints de saturnisme, « au moins une autre source d’exposition potentielle au plomb, liée au mode de vie ou à l’habitat, a été identifiée pour trois » d’entre eux.



Il n’empêche que les analyses des sols effectuées dans dix établissements accueillant des enfants (écoles, crèches, collège) ont révélé la présence de plomb à des taux largement supérieurs au seuil admis pour 5 d’entre eux. De quoi inquiéter le préfet du Pas-de-Calais qui a fortement recommandé « d’empêcher l’accès aux sols non recouverts » de plusieurs espaces des cinq écoles concernées à Evin-Malmaison et Courcelles-lès-Lens.

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