Marseille : « Une logique de soumission », un nouveau rapport accable l’IHU de Didier Raoult

DERIVES A quelques semaines de son départ de la direction de l’IHU, un nouveau rapport pointe la direction à la fois humaine et scientifique de Didier Raoult

20 Minutes avec AFP
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Les rapports mettant en cause la direction de Didier Raoult à la tête de l'IHU se succèdent
Les rapports mettant en cause la direction de Didier Raoult à la tête de l'IHU se succèdent — Christophe SIMON
  • Un nouveau rapport réalisé par l’Inspection générale des affaires sociales accable l’IHU sous la direction de Didier Raoult.
  • Sur le plan scientifique, le rapport dénonce de mauvaises pratiques en matière de recherche, et « des prescriptions qui ne respectent pas le Code de la santé publique ».
  • Sur 300 employés interrogés, une cinquantaine ont ainsi fait part « d’une situation allant du malaise à une forte souffrance ».

L’IHU de Marseille, dirigé de longue date par Didier Raoult, a été le théâtre de nombreuses dérives, sur le plan social comme sanitaire, selon des extraits d’un rapport relayé mercredi par le journal La Provence. Ce rapport, est réalisé par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), qui dépend de plusieurs ministères dont celui de la Santé. Il couvre un champ plus large qu’un précédent rapport, déjà cinglant, publié quelques semaines plus tôt par l’Agence du médicament (ANSM).


Les patients soignés à l’IHU se voient notamment donner « des prescriptions qui ne respectent pas le Code de la santé publique, ce qui est de nature à relever d’une qualification pénale », selon un extrait de ce rapport cité par La Provence. Ces prescriptions comprennent notamment un traitement anti-Covid-19 à base d’hydroxychloroquine. Malgré l’inefficacité de ce médicament contre le Covid-19, Didier Raoult s’en est fait le promoteur depuis le début de la pandémie, acquérant de ce fait une importante célébrité médiatique.

Selon La Provence toujours, le rapport de l’Igas conclut que les médecins de l’IHU ont été sous pression de leur direction pour prescrire ce traitement, ainsi que de l’ivermectine, un autre médicament dont les bénéfices anti-Covid n’ont jamais été avérés. Sur le plan scientifique, le rapport dénonce aussi de mauvaises pratiques en matière de recherche : les équipes de l’IHU publient certes beaucoup, mais dans des revues de qualité médiocre.

Le choix du successeur de Didier Raoult critiqué

Ces recherches seraient souvent menées de manière biaisée, là encore sous la pression de la direction. De jeunes chercheurs en viennent à « édulcorer volontairement les résultats et les données ou supprimer des choses qui ne marchent pas, pour ne pas subir de pression », selon un extrait du rapport. Celui-ci évoque, plus largement, un fonctionnement très autoritaire de la direction de Didier Raoult, qui a mis en place une « logique de soumission ». Sur 300 employés interrogés, une cinquantaine ont ainsi fait part « d’une situation allant du malaise à une forte souffrance liée à leur activité professionnelle ».

Cette fuite intervient alors que ce rapport doit encore être finalisé avec, notamment, les réponses de l’IHU de Marseille. Elle a, en outre, lieu une semaine avant une réunion du conseil d’administration pour donner un successeur à Didier. Raoult. Un comité scientifique a recommandé le nom de Pierre-Edouard Fournier, chercheur déjà intégré depuis longtemps à l’IHU, mais ce choix a été critiqué, en interne comme en externe, comme ne marquant pas une rupture suffisante.