De plus en plus de malades guérissent du cancer

SANTE Plus d'un tiers...

Avec agence

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Le cancer, responsable en 1970 d'un décès sur cinq, était en 2004 la cause d'un décès sur trois, soit la première cause de mortalité en France, mais les personnes atteintes bénéficient d'une amélioration progressive de leur espérance de vie.
Le cancer, responsable en 1970 d'un décès sur cinq, était en 2004 la cause d'un décès sur trois, soit la première cause de mortalité en France, mais les personnes atteintes bénéficient d'une amélioration progressive de leur espérance de vie. — Philippe Merle AFP/Archives

Sur les quelque 320.000 patients qui ont chaque année un diagnostic de cancer, plus de la moitié vivront encore cinq ans après et «au moins 120.000 guériront», selon un rapport de l'Institut national du cancer (INCa) rendu public jeudi.

«Plus de cent mille personnes guérissent chaque année. Des centaines de milliers de personnes continuent ainsi à vivre après leur cancer, il faut s'en occuper (retour au travail, droit d'emprunter et donc de s'assurer sans surprime pénalisante...)», a souligné auprès de l'AFP le Pr Dominique Marananchi, président de l'INCa.

Ce rapport sur la survie des patients atteints de cancers en France rappelle qu'«il n'y a pas un, mais des cancers avec des évolutions différentes».

Trois catégories de cancers

«Certains cancers de plus en plus nombreux guérissent; certains conservent un pronostic sombre; d'autres évoluent à long terme telles des maladies chroniques», y lit-on.

Les cancers les plus fréquents sont rangés en trois grandes catégories et les taux de survie estimés «minimaux».

Parmi ceux de bon pronostic (42 % des cas de cancer), dont la survie à 5 ans est supérieure ou égale à 80 %, figurent les cancers de la prostate, du sein, du testicule, de la thyroïde, et le mélanome.

En fonction du stade de la maladie

Les cancers du côlon-rectum, de la bouche, de la vessie, du rein, de l'ovaire et de l'utérus (corps et col) font partie des cancers de pronostic intermédiaire (33 % des cas de cancer) avec une survie à 5 ans allant de 20 à 80 % selon le type de maladie et surtout son stade d'extension.

Il y a aussi les tumeurs de mauvais pronostic (17 % des cas de cancer) pour lesquels la survie à 5 ans est inférieure ou égale à 20 %: poumon et plèvre, foie, pancréas, oesophage, système nerveux central.

Ce schéma tient compte du stade de la maladie: «par exemple, pour le mélanome (cancer de la peau) seule la détection précoce des lésions qui est faite la plupart du temps (84% des diagnostics) offre une aussi bonne survie, en fait assimilable à une guérison», relève le Pr Maraninchi.

85% des tumeurs mammaires curables

Découvert précocement, 85% des tumeurs mammaires sont curables, ajoute-il. «Le cancer du poumon est, malheureusement, le plus souvent découvert à un stade tardif, d'ou le faible pourcentage de guérison (15%)», explique le cancérologue. 

«Grâce aux diagnostics plus précoces et aux traitements plus efficaces, la survie à 5 ans des patients diagnostiqués en 2005, voire en 2010, est et sera meilleure». 

Ce travail a également une importance pour l'organisation des soins et la recherche.

Cet état des lieux de la survie des adultes atteints de cancers est établi à partir de données françaises (patients traités avant l'an 2000) et internationales notamment américaines (1988-2001).

Il ne s'agit pas de données nouvelles, mais d'une nouvelle façon de les analyser, selon l'INCa.