L'addiction à Internet peut-elle rendre dépressif?

HIGH-TECH La Toile joue un rôle bénéfique dans notre vie quotidienne, mais une étude a traqué son côté obscur...

Corentin Chauvel

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Une Belge soupçonnée d'avoir vendu ses jumeaux nouveaux nés et d'avoir escroqué des couples contactés sur internet pour lesquels elle avait promis d'être mère porteuse a été inculpée et placée en détention provisoire vendredi, a indiqué le parquet de Gand (nord).
Une Belge soupçonnée d'avoir vendu ses jumeaux nouveaux nés et d'avoir escroqué des couples contactés sur internet pour lesquels elle avait promis d'être mère porteuse a été inculpée et placée en détention provisoire vendredi, a indiqué le parquet de Gand (nord). — Nigel Treblin AFP/DDP/Archives

Accros du Web: Attention danger. Des scientifiques britanniques ont indiqué qu'un usage d'Internet trop intensif pouvait présenter des risques de dépression, rapporte la BBC. Toutefois, «Il n'y a pas de preuve concrète que le problème soit seulement Internet», rassure le Docteur Catriona Morrison, qui a mené l'équipe de l'université de Leeds sur cette étude.

Amitié virtuelle = danger?

Les scientifiques ont analysé les réponses de 1.319 Britanniques âgés de 16 à 51 ans à un questionnaire en ligne sur leur usage d'Internet et leurs éventuelles tendances dépressives. Mais il n'a pas été possible de démontrer si c'était bien Internet qui rendait dépressif ou bien si les personnes déjà dépressives étaient particulièrement attirées par le Web.

>> L'interview d'une psychologue, spécialiste des cyberaddicts, c'est par ici

L'étude met tout de même en garde contre le développement d'une vie virtuelle aux dépens de la vie réelle. «La substitution d'une amitié réelle par du contact virtuel peut avoir un effet défavorable sur la santé mentale des accros à Internet», confirme à la BBC Sophie Corlett, qui travaille pour l'organisme de santé Mind.

«Une influence très positive sur la vie des gens»


Un avis qui n'est pas partagé par le docteur Andrew McCulloch, de la Fondation pour la Santé Mentale, qui juge, au contraire, que le Web aide à la socialisation: «Internet encourage aux amitiés réelles et aux connexions sociales, il peut avoir une influence très positive sur la vie des gens.» Cependant, lui aussi estime qu'il ne faut pas remplacer toute vie sociale par du virtuel.

Les conclusions hasardeuses de l'étude ont ainsi provoqué les critiques du docteur Vaughan Bell, de l'Institut de psychiatrie du King's College de Londres, qui n'y voit pas «de grosses surprises»: «Il y a évidemment des personnes dépressives ou anxieuses qui vont s'enfermer sur Internet, mais d'autres vont regarder beaucoup la télévision, dévorer des livres ou faire des achats compulsifs.»