Grippe A (H1 N1): «l'épidémie a débuté en France métropolitaine»

SANTE Roselyne Bachelot l'a annoncé mercredi...

Avec agence

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Roselyne Bachelot en visite à Saint-Denis-de-la-Réunion rencontre les personnels de santé qui luttent contre le virus de la grippe A (H1N1).
Roselyne Bachelot en visite à Saint-Denis-de-la-Réunion rencontre les personnels de santé qui luttent contre le virus de la grippe A (H1N1). — R. BOUHET / AFP

«Nous pouvons considérer aujourd'hui que l'épidémie a débuté en France métropolitaine», Roselyne Bachelot, ministre de la Santé l’a déclaré mercredi lors d'une audition de près de trois heures devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. Pourtant, pas question de passer, dans l’immédiat, en niveau d’alerte pandémique. Un spécialiste interrogé par 20minutes.fr, estime lui que «l’épidémie n’a pas vraiment commencé», mais que ça ne saurait tarder.

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La ministre a noté qu'il y avait eu la semaine dernière «un doublement du nombre de cas». «Cependant, a-t-elle dit, le gouvernement n'entend pas passer en situation 6 dans l'immédiat, l'impact de l'épidémie ne le justifiant pas pour l'instant».

103.000 nouveaux cas en une semaine


En France métropolitaine, le nombre de consultations pour grippe clinique (début brutal d'une fièvre supérieure à 39°C, courbatures, signes respiratoires comme une toux) a été estimé à 103.000 nouveaux cas la semaine dernière (7 au 13 septembre) contre 52.300 lors de la semaine précédente (31 août au 6 septembre). Antoine Flahault, épidémiologiste contacté par 20 Minutes explique que «la vague épidémique démarre beaucoup plus tôt que pour la grippe saisonnière, et beaucoup plus fort.»

La ministre a évoqué la possibilité que pour certaines catégories de la population l'Agence européenne du médicament, qui doit se réunir «la semaine prochaine», «retienne un schéma à une injection» de vaccin.

Dans ses réponses aux députés, elle a souligné qu'il fallait «se réjouir» de la possibilité de ne faire qu'une seule injection. «Nous aurons ainsi une capacité d'adhésion à la campagne vaccinale beaucoup plus forte», a-t-elle affirmé. Quant aux éventuels vaccins en trop, la France ayant commandé ferme 94 millions de vaccins, ils pourront être utilisés «pendant un délai de cinq ans», et aussi pour des «politiques de solidarité».

Deux injections pour les jeunes

Didier Houssin, directeur général de la santé, a noté cependant qu'il était «peu vraisemblable qu'il y ait une injection seulement pour l'ensemble de la population», et qu'il faudrait à tout le moins pour les plus jeunes «vraisemblablement deux injections».

La ministre a indiqué que le Premier ministre rendrait son arbitrage «dans les prochains jours» sur les priorités retenues, et estimé que la campagne de vaccination pourrait débuter «début octobre», pour autant que les experts «rendent un avis favorable».