La consommation d’édulcorants augmenterait le risque de maladies cardiovasculaires, selon une étude

FAUX SUCRE Une étude publiée en mars faisait également un lien entre consommation d’édulcorants et risque de cancer

20 Minutes avec agences
Une dosette d'édulcorant dans le café. (illustration)
Une dosette d'édulcorant dans le café. (illustration) — DURAND FLORENCE/SIPA

Les édulcorants, utilisés pour remplacer le sucre dans de nombreuses boissons et aliments, pourraient aggraver les risques de maladies cardiovasculaires. C’est le résultat d’une étude française publiée ce jeudi dans le British Medical Journal.

Malgré l’omniprésence des édulcorants dans notre alimentation, leur innocuité fait débat. En mars, une étude française notait déjà que les personnes consommant le plus d’édulcorants (notamment de l’aspartame et de l’acésulfame-K) avaient un risque plus élevé de cancer.

Un sachet d’édulcorant par jour

Pour explorer le lien entre consommation d’édulcorants et risques cardiovasculaires, les chercheurs français ont analysé les données de santé de 103.388 Français et Françaises participant à l’étude de cohorte NutriNet-Santé, qui ont entre autres renseigné leurs habitudes alimentaires. Ainsi, 37 % des participants ont consommé des édulcorants, en moyenne 42,46 mg/jour, soit l’équivalent d’un sachet individuel.

Le suivi s’est étalé de 2009 à 2021. L’analyse statistique a ensuite permis d’établir un lien entre consommation d’édulcorants et risque de maladies cardiovasculaires. Les édulcorants artificiels (aspartame, acésulfame-K et sucralose) sont associés à des risques accrus de maladies cardiovasculaires, cérébrovasculaires et coronariennes.

Un lien de causalité pas prouvé ?

Jusqu’ici, les études s’étaient penchées sur le lien entre risque cardiovasculaire et consommation de boissons édulcorées, mais pas d’édulcorants dans leur ensemble. « Ces résultats, en accord avec le dernier rapport de l’OMS, ne soutiennent pas l’utilisation d’édulcorants en tant qu’alternatives sûres au sucre », conclut Dr Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm et coordinatrice de l’étude.

Mais l’étude comporte des limites. Il existe en effet de grandes différences entre les différents consommateurs d’édulcorants. L’étude « suggère beaucoup trop fortement un lien de causalité […] avec une méthodologie pas assez solide », selon Naveed Sattar, professeur de médecine au Royaume-Uni. « [Il faudrait] des essais randomisés à plus long terme et de plus grande envergure. »