Crise des opiacés : Walmart, Walgreens et CVS condamnés à verser 650,6 millions de dollars

DRAME SANITAIRE Cette somme permettra de « financer des programmes d’éducation et de prévention et de rembourser les agences et organisations pour les frais encourus pour gérer la crise »

20 Minutes avec AFP
La crise des opiacés a fait un demi-million de morts aux Etats-Unis en vingt ans. (PHOTO D'ILLUSTRATION)
La crise des opiacés a fait un demi-million de morts aux Etats-Unis en vingt ans. (PHOTO D'ILLUSTRATION) — Canva

La crise des opiacés continue à se retrouver sur les bancs de la justice, outre-Atlantique. Mercredi, les pharmacies de Walmart, Walgreens et CVS ont été condamnées par un juge de l’Ohio, dans le nord des Etats-Unis, à verser 650,6 millions de dollars (environ 640 millions d’euros) à deux comtés de cet Etat pour leur rôle dans ce drame sanitaire.

« Un juge fédéral a condamné [ces trois entreprises] à payer 650,6 millions de dollars » au total, aux comtés de Lake et Trumbull, dans l’Ohio, a annoncé dans un communiqué le cabinet d’avocats qui a défendu les deux comtés, The Lanier Law Firm. Cette somme permettra de « financer des programmes d’éducation et de prévention et de rembourser les agences et organisations pour les frais encourus pour gérer la crise », a-t-il ajouté.

« Cupidité des entreprises » et appel en vue

Walmart a annoncé dans un communiqué son intention de faire appel, dénonçant un procès « truffé d’erreurs juridiques et factuelles ». Les trois géants de la distribution aux Etats-Unis, qui avaient distribué massivement des antidouleurs dans ces deux comtés, avaient été jugés coupables en novembre.

Les avocats des deux comtés dans l’Ohio étaient parvenus à convaincre le jury que la présence massive d’opiacés constituait bien une nuisance publique et que les pharmacies y avaient participé en ignorant pendant des années des signaux d’alarme sur des prescriptions suspectes. Les responsables des comtés « voulaient simplement être dédommagés du fardeau d’une épidémie de drogue soutenue par la cupidité des entreprises, la négligence et le manque de responsabilité de ces chaînes pharmaceutiques », a commenté leur avocat, Mark Lanier, cité dans le communiqué.

Un demi-million de morts

Les chaînes de pharmacies estiment que les pharmaciens ne font que respecter des ordonnances légales rédigées par des médecins, qui prescrivent des substances approuvées par les autorités sanitaires. Certaines parties avaient conclu des accords avec les comtés de Lake et Trumbull pour mettre fin aux poursuites en échange de versements financiers. C’est le cas des chaînes de pharmacies Rite Aid et Giant Eagle.

C’était la première fois que des distributeurs de médicaments, et non pas des producteurs, étaient jugés responsables dans cette crise sanitaire à l’origine de plus de 500.000 morts par overdose en vingt ans aux Etats-Unis, et qui a donné lieu à une myriade de procédures lancées par des collectivités. La condamnation de producteurs d’opiacés sur la base de lois sur les nuisances publiques a cependant connu des revers, en Californie et en Oklahoma. L’été dernier CVS, Walgreens, Rite Aid et Walmart avaient accepté de verser 26 millions de dollars au total à deux comtés de l’Etat de New York.