Covid-19 : Le gouvernement refuse de réintégrer les soignants non vaccinés

EPIDEMIE Le gouvernement suit l’avis de la HAS donné un peu plus tôt dans la journée

M.d.F. avec AFP
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Le ministre de la Santé François Braun lors d'une visite au Centre hospitalier intercommunal de Créteil, le 4 juillet 2022.
Le ministre de la Santé François Braun lors d'une visite au Centre hospitalier intercommunal de Créteil, le 4 juillet 2022. — JEANNE ACCORSINI/SIPA

Le 15 octobre 2021, plusieurs milliers de soignants ont été suspendus de leur activité avec l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale contre le coronavirus. Depuis, ces médecins ou infirmiers qui exercent à l’hôpital ou dans les Ehpad, et plus globalement les employés de ces établissements de santé ne peuvent reprendre leur activité à moins d’accepter la piqûre. Bien qu’ils soient minoritaires, leur réintégration semblait mal embarquée.

Une situation confirmée ce vendredi : le ministre de la Santé, François Braun, a en effet annoncé que le gouvernement suivait l’avis des autorités scientifiques, qui sont opposées à cette réintégration. « L’Académie de médecine, le Conseil scientifique et la Haute Autorité de santé ont un avis convergent (…) il est négatif » et « on suit l’avis des scientifiques », a déclaré le ministre en déplacement en Seine-et-Marne, précisant qu’il réunirait « dès le début de la semaine prochaine les organisations syndicales pour leur expliquer la situation ».

Un peu plus tôt dans la journée, la Haute Autorité de santé (HAS), dont les avis servent de base aux décisions de santé publique du gouvernement, s’est dit « favorable au maintien de l’obligation de vaccination contre (le) Covid-19 des personnels exerçant dans les établissements de santé et médico-sociaux ».

Des vaccins inefficaces ?

Pourtant, les dernières semaines ont été marquées par une recrudescence de débats, en particulier dans la sphère politique, sur l’opportunité de les réintégrer. Les partisans d’une réintégration font valoir que les vaccins anti-Covid ont perdu beaucoup de leur efficacité contre la transmission de la maladie, bien qu’ils restent protecteurs sur le plan individuel contre les formes graves.

Mais ce feu vert de la Haute autorité n’est pas à l’ordre du jour : « les données ne sont pas de nature à remettre en cause aujourd’hui cette obligation vaccinale », juge la HAS. Celle-ci met en avant le grand nombre actuel de contaminations en France, lié au lignage BA.5 du variant Omicron, et s’inscrit contre l’argument qui voudrait que les vaccins n’ont plus d’intérêt sur le plan collectif.

Même si les vaccins ont largement perdu de leur efficacité contre les contaminations, celle-ci n’a pas totalement disparu, en particulier dans les mois qui suivent une dose de rappel, juge l’autorité. L’obligation d’être vaccinés favorise donc « une meilleure protection des personnes soignées ou accompagnées, au premier rang desquelles les plus vulnérables », conclut la HAS.