Santé mentale : La méditation de pleine conscience, la clé contre le stress des exams ?

SCIENCES Une étude réalisée sur des étudiants marseillais pendant le confinement démontre les bienfaits de la méditation de pleine conscience contre les troubles anxieux

Mathilde Ceilles
Illustration de la méditation en pleine conscience
Illustration de la méditation en pleine conscience — ROOM/Cover Images/SIPA
  • Pendant le premier confinement, 76 étudiants volontaires de l’université d’Aix-Marseille ont été suivis par des chercheurs marseillais pour une étude portant sur les bienfaits de la méditation en pleine conscience sur l’anxiété.
  • « Avant l’expérimentation, on avait remarqué que près de 25 % du groupe présentait des troubles sévères, voire extrêmement sévères liés au stress », souligne une enseignante-chercheuse.
  • Les résultats à l’issue de l’étude montrent une diminution des niveaux de stress, d’anxiété, de dépression de 34 % et une amélioration de « leur niveau de bien-être psychologique ».

Et si la méditation de pleine conscience pouvait réduire l’anxiété des étudiants ? Une étude réalisée par des scientifiques de l’Institut des sciences du mouvement Etienne-Jules-Marey pendant le premier confinement sur 76 étudiants volontaires de l’université ​d’Aix-Marseille et publiée le 7 juillet démontre les bienfaits de cette pratique mentale laïque, d’inspiration bouddhiste, sur le psychisme des plus jeunes, notamment dans cette période très éprouvante psychologiquement.

Pendant dix-sept jours, les volontaires étaient invités à pratiquer une séance quotidienne d’une durée de vingt minutes la semaine et dix minutes le week-end, mise en ligne directement sur l’intranet de la faculté, et élaborée avec l’aide d’un instructeur spécialisé. « La méditation de pleine conscience consiste à porter son attention sur le moment présent [pensées, sensations, émotions], sans attente, sans filtre et sans jugement, rappelle Louise Devillers-Réolon, doctorante en troisième année au sein de l’institut des sciences du mouvement et qui prépare une thèse sur le sujet. Avec cet instructeur, on a déterminé quels contenus de séance étaient les plus pertinents. On a aussi travaillé sur une progression dans les séances pour cibler les principales problématiques des étudiants à ce moment-là, notamment l’anxiété. On a choisi des exercices avec une focalisation sur la respiration dans les premières séances, puis l’acceptation de qui arrivait dans un second temps, et le développement de pensées positives. »

Réduction des niveaux de stress, d'anxiété, de dépression

Les étudiants étaient invités à compléter un questionnaire scientifique évaluant leur ressenti quant à leur état psychique, avant et à la fin de l’expérimentation. Le même questionnaire était rempli en parallèle par un groupe témoin qui n’avait pas suivi les séances de méditation de pleine conscience. « Avant l’expérimentation, on avait remarqué que près de 25 % du groupe présentait des troubles sévères, voire extrêmement sévères liés au stress », note Rita Sleimen-Malkoun, enseignante-chercheuse.

« Et on a observé une amélioration de l’anxiété, de la dépression, du bien-être et du stress dans le groupe qui a suivi les séances de méditation de pleine conscience en ligne », abonde Louise Devillers-Réolon. « Nous avons trouvé que les étudiants ayant suivi l’intervention de méditation de pleine conscience ont réduit leur niveau de stress de 21 %, leur niveau d’anxiété de 28 %, leur niveau de dépression de 34 % et ont amélioré leur niveau de bien-être psychologique de 10 % », précise Rita Sleimen-Malkoun.

« Certains pourraient croire que c’est du chamanisme, mais pas du tout ! »

Des résultats qui viennent corroborer d’autres études scientifiques prouvant l’efficacité de la méditation de pleine conscience, face notamment à des situations de grande anxiété… et qui pourraient donner des clés pour les étudiants pour gérer ces mêmes situations. « On voulait un peu démystifier la méditation de pleine conscience, poursuit Rita Sleimen-Malkoun. Certains pourraient croire que c’est du chamanisme. Mais c’est pas ça du tout ! Les étudiants on beaucoup de charges sur eux. Beaucoup travaillent à côté. Il n’est pas toujours évident pour eux de se soigner. »

Et d’espérer : « La méditation de pleine conscience, c’est un bon début à moindre coût, et qui s’avère efficace. Et il ne faut pas être expert en la matière, ni attendre des mois de pratiques pour observer des bienfaits. Dans notre étude, en même pas trois semaines, on a des résultats statistiquement significatifs. Il est important de prendre le temps, de se focaliser sur des choses simples comme la respiration, le moment présent ou l’acceptation de ce qui ressemble à des épreuves. » Allez, respire encore, comme dirait une célèbre Sudiste…