La seconde main s’applique aussi aux robots chirurgicaux

ECONOMIE CIRCULAIRE Quand le centre hospitalier de Lille s’équipe de nouveaux robots chirurgicaux, il « offre » à un groupement hospitalier l’équipement de pointe dont il n’a plus l’utilité

Mikaël Libert
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Le robot chirurgical donné par le CHU de Lille.
Le robot chirurgical donné par le CHU de Lille. — CHU de Lille
  • Le CHU de Lille a fait l’acquisition de deux robots chirurgicaux de dernière génération.
  • Le modèle utilisé depuis 2018 a été cédé au groupement hospitalier de Seclin Carvin (GHSC), en banlieue lilloise.
  • Le GHSC, qui ne disposait pas d’un tel équipement, peut désormais proposer des interventions robotisées en urologie, gynécologie et chirurgie digestive.

EDIT du 21/07 : Contrairement à l’information qui nous avait été communiquée, le robot n’a pas été donné mais revendu au GHSC à un prix gradé confidentiel (voir précisions en 3e paragraphe).

Comme il existe un marché de l’occasion pour les véhicules, un marché de seconde main pour les fringues, il existe aussi une filière de réemploi pour des appareils moins conventionnels : les robots chirurgicaux par exemple. C’est parce que le CHU de Lille a décidé de s’offrir des robots de bloc dernier cri qu’un groupement hospitalier public de la banlieue lilloise a ainsi pu s’équiper d’un Da Vinci Si, première main, année 2018, moins de 2.000 interventions au compteur.

Il y a un peu plus de deux semaines, les chirurgiens du centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille recevaient leurs deux nouveaux jouets : des robots Da Vinci Xi de dernière génération. Le top du top : simplicité d’utilisation améliorée, vision 3D haute définition, instruments articulés de haute précision… Du coup, l’ancien robot, mis en service en 2018, perdait de son utilité. Pourquoi continuer de rouler en Twingo quand on a une Porsche ?

Un prix de rachat tenu secret ?

C’est un peu exagéré comme comparatif, le modèle de Da Vinci précédent n’étant pas devenu obsolète pour autant. D’ailleurs, la machine, qui coûtait tout de même entre 750.000 et près de 2 millions d’euros à sa sortie, était déjà équipée de la technologie 3D. Est-ce une bonne affaire ? Aucune idée à vrai dire. Le GHSC a tenu à préciser qu’il n’avait pas obtenu gratuitement le robot mais qu’il avait été racheté au CHU de Lille « à son prix résiduel ». Un prix que l’on ne nous communiquera pas, même s’il s’agit d’argent public, parce qu’une clause de non-divulgation a été passée avec le fabricant du robot.

Echange de bons procédés donc : le CHU gagne en performance et le GHSC dispose désormais d’un robot à domicile. Un réemploi high-tech qui ne sera pas pour déplaire à la planète.