Oui, les soignants peuvent travailler en Ehpad en étant positif au Covid-19, mais sous certaines conditions

FAKE OFF Sur Twitter, le collectif Laissons les prescrire indique crouler sous les témoignages « de soignants "invités" à travailler à l’hôpital ou en EHPAD avec des tests positifs » au Covid-19

Emilie Jehanno
Dans un Ehpad dans l'ouest de la France, le 17 juin 2022.
Dans un Ehpad dans l'ouest de la France, le 17 juin 2022. — Jean Michel Nossant/SIPA
  • Un collectif de médecins opposés à la vaccination obligatoire dénonce le fait que « les soignants soient "invités" à travailler à l’hôpital ou en EHPAD avec des tests positifs » au Covid-19.
  • Le cabinet du ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées nous confirme que le personnel soignant testé positif au Covid-19 peut continuer à travailler dans le secteur médico-social, sous certaines conditions.
  • « Il y a un manque criant de personnel », déplore Malika Belarbi, responsable du collectif Ehpad du syndicat CGT Santé.

Manque de personnels soignants, canicule et septième vague de Covid-19 : voilà le cocktail dangereux qui s’annonce dans les Ehpad et les hôpitaux. Une situation qui scandalise Laissons les prescrire, un collectif de médecins opposés notamment à la vaccination obligatoire et qui appelle à la réintégration du personnel non vacciné.

Sur son compte Twitter, il indique crouler sous les témoignages « de soignants "invités" à travailler à l’hôpital ou en EHPAD avec des tests positifs » au Covid-19, dans un message partagé plus de 1.000 fois.

FAKE OFF

Le cabinet de Jean-Christophe Combe, ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, nous confirme que le personnel soignant testé positif au Covid-19 peut continuer à travailler dans le secteur sanitaire et médico-social. Cela est donc valable pour les hôpitaux, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou pour les établissements accueillant des personnes en situation de handicap.

Mais certaines conditions s’appliquent, fixées dans le protocole mis à jour en avril 2022. Les personnes positives doivent avoir un schéma vaccinal complet et être asymptomatique. Un respect « strict » du port du masque et des gestes barrières est demandé. Une dérogation du chef d’établissement à l’isolement s’avère nécessaire.

Ces conditions remplies, les soignants « invités » à poursuivre leur activité professionnelle doivent être volontaires, précise le ministère : « Il n’est pas possible de forcer le personnel à travailler. » Il s’agit « d’assurer les activités essentielles de l’établissement, c’est-à-dire dans une situation où il y aurait une tension au niveau des personnels pour assurer la continuité du service », indique le cabinet du ministre.

« Un manque criant de personnel »

Malika Belarbi, responsable du collectif Ehpad du syndicat CGT Santé, confirme cette pratique dans les établissements où le personnel n’est pas en nombre suffisant. En dehors de cette dérogation, les professionnels positifs au Covid-19 sont à l’arrêt. « Il y a un manque criant de soignants, déplore-t-elle. Beaucoup ont abandonné le métier. Les établissements gèrent plus leur planning que le Covid-19 pour assurer au minimum les soins », souligne-t-elle.

Un Ehpad de Seine-et-Marne nous précise que « lorsque ce cas de figure se présente [un membre du personnel positif], les mesures barrières sont renforcées conformément au protocole en vigueur ». Malika Belarbi ajoute que ce recours n’est pas forcément perçu comme du volontariat par les soignants, contrairement à ce qu’indique le ministère. Certains peuvent se sentir « imposés indirectement » de continuer à exercer leur activité professionnelle face à une situation « sinistrée ».

La syndicaliste regrette aussi que la prévention du Covid-19, via le dépistage du personnel, soit « insuffisante » pour détecter tous les cas. Dans les Hauts-de-Seine, où elle travaille dans différents Ehpad, « des tests sont faits quand un symptôme est relevé, mais on n’est pas contrôlé systématiquement », indique-t-elle, pointant aussi le fort turn-over des soignants vacataires. Et avec la canicule qui s’installe à nouveau, elle espère qu’il y aura suffisamment de soignants pour hydrater les résidents.