Variole du singe : La vaccination élargie en France aux « groupes les plus exposés »

EPIDEMIE Les homosexuels, les personnes trans multipartenaires ou les personnes en situation de prostitution sont notamment concernés

20 Minutes avec AFP
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Le Royaume-Uni détecte de plus en plus de cas de la variole du singe. (PHOTO D'ILLUSTRATION)
Le Royaume-Uni détecte de plus en plus de cas de la variole du singe. (PHOTO D'ILLUSTRATION) — Canva

Le gouvernement français va élargir la vaccination contre la variole du singe aux « groupes les plus exposés », notamment les homosexuels, les personnes trans multipartenaires, les personnes en situation de prostitution, après un avis de la Haute autorité de santé (HAS) en ce sens. La HAS a recommandé vendredi d’élargir la vaccination à ces groupes.

« Cet avis va être suivi », a annoncé peu après Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, lors d’un point presse. Les nouvelles catégories éligibles à une vaccination préventive « pourront commencer à prendre des rendez-vous dès la semaine prochaine s’ils le souhaitent », a-t-il ajouté. « Dès la semaine prochaine, une dizaine de sites en Ile-de-France » proposeront une vaccination au public élargi, a pour sa part indiqué Cécile Somaribba, directrice de la veille et de la sécurité sanitaire à l’Agence régionale de Santé d’Ile-de-France.

Vaccination préventive

La Haute autorité de santé (HAS) a recommandé en ce début d’après-midi d’élargir la vaccination contre la variole du singe aux « groupes les plus exposés ». « Face à la diffusion du virus Monkeypox, à la cinétique de l’épidémie et aux difficultés de tracer les contacts des personnes infectées », la HAS recommande d’élargir la vaccination pour pouvoir l’administrer de manière préventive aux plus exposés « du fait de leurs pratiques sexuelles ou de leur profession », selon un communiqué.

Cette recommandation concerne « les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples, les personnes en situation de prostitution, les professionnels des lieux de consommation sexuelle, quel que soit le statut de ces lieux », a précisé la HAS.

Pas de vaccination préventive des professionnels de santé

En France, selon les derniers chiffres, en date du 5 juillet, 577 cas ont été confirmés, dont 387 en Ile-de-France. Ces cas sont survenus essentiellement chez des hommes, et lorsque ces informations sont renseignées, surtout chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, voire ayant eu plusieurs partenaires les semaines avant leurs symptômes.

A ce stade, la HAS ne recommande pas la vaccination préventive des professionnels de santé prenant en charge les malades, considérant que les mesures d’hygiène habituelles et le port d’équipement de protection individuelle rendent « le risque de contamination très faible en pratique ». Cette vaccination peut cependant être envisagée « au cas par cas, selon l’exposition, l’existence de facteurs de risque individuels ou à leur demande », a-t-elle ajouté.

Jusqu’alors, la Haute autorité de Santé recommandait de vacciner les adultes, y compris des professionnels de santé, ayant eu un contact à risque avec un malade. Elle avait été saisie en fin de semaine dernière par le ministère de la Santé pour déterminer à quelles populations élargir la vaccination pour limiter le risque de contamination pour les personnes à risque d’exposition au virus.

Commercialisé sous le nom d’Imvanex en Europe, le vaccin utilisé est un vaccin de 3e génération (vaccin vivant non réplicatif, c’est-à-dire ne se répliquant pas dans l’organisme humain), autorisé en Europe depuis 2013 et indiqué contre la variole chez les adultes.