Covid-19 : Que faire quand on est positif une semaine après son dépistage ?

EPIDEMIE Nombre de malades sont encore positifs au Covid-19 plusieurs jours après leur dépistage

Anissa Boumediene
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Que faire si l'on est encore positif au Covid-19 plusieurs jours après son dépistage?
Que faire si l'on est encore positif au Covid-19 plusieurs jours après son dépistage? — James Veysey/Shutterstock/SIPA
  • Quand on est testé positif au Covid-19, la consigne est de s’isoler 7 jours et de refaire un test à J + 5.
  • S’il est négatif et que l’on est vacciné, on peut mettre fin à son isolement.
  • Mais si l’on est positif au bout d’une semaine, cela signifie-t-il que l’on est encore contagieux ? Faut-il continuer à s’isoler ?

Elle est là. Apparue quasi instantanément. Ne laissant aucune place au doute. Elle, cette fichue deuxième barre qui indique qu’on est encore positif au Covid-19, une semaine après son dépistage et autant de jours d’isolement.

Comment interpréter ce résultat ? Est-on encore contagieux ? Faut-il poursuivre son isolement ? Alors que la septième vague de coronavirus déferle sur l’Hexagone sous l’effet du très contagieux sous-variant BA.5 d’Omicron, et que plus de 150.000 nouveaux cas ont été recensés mercredi, quelle est la meilleure conduite à avoir pour ne pas semer le virus autour de soi sans pour autant s’astreindre à une vie monacale ?

Une symptomatologie plus élevée et une contagiosité plus longue avec BA.5

« Depuis l’apparition du variant Omicron, on a observé pas mal de contaminations asymptomatiques ou peu symptomatiques. Or, avec le sous-variant BA.5, majoritaire en France, on est davantage symptomatique qu’avec les sous-variants précédents », relève le Dr Benjamin Davido, infectiologue et médecin référent de crise Covid-19 à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). Des symptômes que tout le monde connaît : fièvre, courbatures, fatigue, toux, maux de tête et de gorge. Mais aussi « perte de l’odorat et du goût, que l’on ne voyait plus ces derniers mois et qui sont de nouveau rapportées avec BA.5 ».

Non seulement « on a davantage de symptômes, mais on les a plus longtemps, souligne l’infectiologue : en moyenne 7 jours pour BA.5, contre 4 à 5 en cas de contamination par BA.2 ». Il n’est donc pas rare d’être à nouveau testé positif lors du test préconisé par l’Assurance maladie à J + 5. « C’est normal et fréquent : environ 20 à 30 % des patients sont toujours positifs une semaine après leur dépistage », constate le Dr François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes.

Un test positif mais pas forcément une charge virale importante

Pourquoi ? « On est face à un virus qui touche davantage les voies aériennes supérieures, et qui reste assez longtemps en excrétion. Donc même plusieurs jours après avoir été testé positif, on peut encore avoir des fragments d’ARN de virus dans les cellules nasales, explique le biologiste. Or, les tests de dépistage recherchent justement des portions de virus, de l’ARN viral, qui sont des protéines capables d’être identifiées par un test rapide, antigénique ou PCR. D’où des tests qui peuvent être positifs des jours durant ».

Le problème, c’est que « l’on n’a jamais vraiment su raisonner sur la contagiosité par rapport aux tests de dépistage : ce n’est pas parce qu’on a un test de contrôle de nouveau positif qu’on a une charge virale importante, souligne le Dr Davido. On peut, malgré ce résultat positif, avoir une charge virale faible. Les tests sont seulement un outil de diagnostic, ils n’ont pas vocation à définir la contagiosité. En pratique, c’est dans les cinq premiers jours de la maladie qu’on est le plus contagieux, c’est le pic de la charge virale ». On est en général « super contaminant environ 48 heures après la contamination, avant même d’avoir les premiers symptômes, et ce durant trois à quatre jours, détaille le Dr Blanchecotte. C’est pour cela qu’on fixe la période d’isolement à 7 jours ». Ainsi, « si le test préconisé à J + 5 est négatif et que l’on n’a plus de symptômes, on considère que le malade n’est plus contagieux, rappelle le Dr Davido, et que l’on peut mettre fin à son isolement. S’il est positif, on s’isole deux jours de plus ».

Gestes barrières encore et toujours (oui, il faut mettre le masque)

Et après ? « Selon les consignes de l’Assurance maladie, si on est vacciné, s’il n’y a plus ni fièvre ni symptômes, on met fin à l’isolement et il n’y a pas d’indication à refaire de test », rappelle le Dr Davido. Normalement, « au bout de 7 jours, les quantités de virus excrétées ne sont pas suffisantes pour contaminer, à condition de maintenir les gestes barrières. Or aujourd’hui, les gens s’embrassent et se serrent à nouveau la main », déplore le Dr Blanchecotte.

En revanche, « si au bout d’une semaine, on est encore symptomatique, qu’on a de la température et qu’on tousse, alors on est probablement encore contagieux, ajoute le Dr Davido. Un cas de figure potentiellement plus fréquent avec BA.5. Dans ce cas, si l’on souhaite reprendre le travail, ce qui est permis après 7 jours, ou que l’on n’a pas la possibilité de télétravailler, la meilleure précaution est de porter le masque au travail, dans les transports et autres espaces clos, et de se laver les mains fréquemment ». Autant de précautions prescrites par l’Assurance maladie : « En sortie d’isolement, vous devez respecter les consignes suivantes pendant 7 jours : porter un masque chirurgical ou grand public de filtration supérieur à 90 %, respecter les gestes barrières, réduire vos contacts, en particulier avec les personnes à risque, télétravailler dans la mesure du possible », détaille le texto envoyés aux assurés testés positifs.

Pas besoin, donc, de rester cloîtré passé 7 jours, « ni de consommer inutilement des tests de dépistage, c’est du gaspillage de ressources, insiste l’infectiologue. Puisque c’est un virus capable de créer des vagues épidémiques​ tous les deux mois et avec lequel nous devons apprendre à vivre, la leçon à en tirer c’est de décider le retour du masque : en porter est le meilleur moyen de poursuivre son isolement individuel et de rendre quasi nulle la probabilité de contaminer quelqu’un, sans s’enfermer plus longtemps ».