Anses : Les autorités sanitaires appellent à la vigilance sur les compléments à base de curcuma

EPICE Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, à haute dose, le curcuma peut se révéler toxique, en particulier pour le foie

20 Minutes avec AFP
— 
Du curcuma en poudre chez un vendeur d'épices en Inde.
Du curcuma en poudre chez un vendeur d'épices en Inde. — Jon G. Fuller / VWPics

Le curcuma est dans le viseur des autorités sanitaires. Régulièrement promue pour ses bienfaits supposés, cette épice peut aussi présenter des risques pour la santé, prévient ce mercredi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses), encourageant à la précaution quand on le consomme sous forme de complément alimentaire.

« Différents dispositifs de vigilance (…) ont tous recensé des effets indésirables associés à la consommation de curcuma ou de curcumine », résume l’Agence dans un rapport. « Les effets les plus fréquemment rapportés sont des malaises, de l’asthénie, des symptômes digestifs et des perturbations hépatiques », détaille l’Anses​ qui se base à la fois sur des données françaises et internationales.

Des vertus à prouver scientifiquement

Le curcuma est une épice tirée de la plante du même nom. Ses promoteurs lui attribuent une large série de vertus, notamment anticancéreuses, même si son efficacité réelle reste largement à prouver par des études de grande ampleur chez l’homme. Parmi les bienfaits les mieux avérés, le curcuma semble notamment limiter les phénomènes inflammatoires liés à certaines maladies chroniques comme le diabète.

Mais, pris à haute dose, le curcuma – via sa principale molécule active, la curcumine – peut se révéler toxique, en particulier pour le foie. « Des études suggèrent que des doses élevées de curcuma ou de curcumine sont hépatotoxiques chez l’animal », souligne ainsi l’Anses.

L’inquiétude de l’agence ne se base pas seulement sur ces études mais aussi sur des observations en vie réelle. Entre 2009 et 2021, une petite dizaine d’hépatites ont ainsi été vraisemblablement attribuées à la consommation de curcuma en France. Certes, les doses considérées comme toxiques sont très élevées. C’est pourquoi il n’y a quasiment pas de risque à consommer du curcuma sous sa forme naturelle au cours de ses repas.

Des produits trop chargés en curcumine

L’Anses fixe plutôt son alerte sur les compléments alimentaires – gélules, huiles… – à base de curcuma. En effet, nombre de ces produits sont conçus de telle manière que la curcumine est assimilée de façon bien plus importante par l’organisme. Cette capacité d’assimilation est « quatre à 185 fois supérieure à celle de la curcumine non formulée », souligne l’Anses.

Celle-ci appelle donc à une grande prudence face à ces produits. Même si des études ont conclu que ces compléments n’étaient pas dangereux, l’Anses exprime son scepticisme : ces travaux sont de faible ampleur et souvent financés par les fabricants eux-mêmes. L’agence déconseille tout particulièrement la consommation de ces compléments aux patients sous traitement anticancéreux ou anticoagulants, soulignant le risque potentiel d’interaction néfaste avec la curcumine.