Les bobos de l’été : Se rincer, faire pipi dessus… Comment réagir en cas de piqûre de méduse ?

AÏE, AÏE, AÏE (1/6) Si l’été est la saison préférée des Français, c’est aussi celle où l’on peut se faire bouffer par les moustiques, prendre un vilain coup de soleil, chopper la tourista, se brûler avec le barbecue… Mais « 20 Minutes » ne prend pas de congés et vous livre les bons réflexes à avoir face aux bobos de l’été

Anissa Boumediene
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Si on voit une méduse en se baignant, mieux vaut s'en éloigner illico pour éviter la piqûre.
Si on voit une méduse en se baignant, mieux vaut s'en éloigner illico pour éviter la piqûre. — DUCLOS/SIPA
  • Chaque année, durant les vacances estivales, de petits incidents surviennent.
  • Même sans gravité, ces bobos de l’été peuvent être incommodants et douloureux. Alors, pour éviter que cela ne gâche les vacances, mieux vaut savoir comment réagir.
  • Dans le premier épisode de notre série consacré aux bobos de l’été, 20 Minutes vous livre les bons réflexes à adopter en cas de piqûre par une méduse (oui, on va vous dire si comme dans Friends, il faut faire pipi dessus ou pas).

On les attend toute l’année, elles sont enfin là : les vacances d’été. Et pour beaucoup de juillettistes et d’aoûtiens, le plaisir ultime, c’est de profiter des plages et des baignades dans les eaux salées. A condition toutefois de ne pas croiser la route de méduses qui pourraient vite gâcher les réjouissances.

Or, cette année, ces créatures gélatineuses sont de retour, notamment sur les plages de la Côte d’Azur et de la Corse. Et certains baigneurs risquent d’en rencontrer dans l’eau et de faire la douloureuse expérience de leur piqûre. Or tout le monde ne sait pas comment réagir. Faut-il se rincer à l’eau claire ? Faire pipi sur la piqûre (on sait que nombre d’entre vous se posent la question) ? 20 Minutes vous livre les bons réflexes à avoir, et les gestes à proscrire.

La piqûre de méduse pour les nuls

Ça fait quoi, une piqûre de méduse ? En général, ça fait mal ! Mais tout dépend de celle dont on va croiser les tentacules. « Il existe plus de 1.500 espèces, et certaines sont plus virulentes et venimeuses que d’autres. D’ailleurs, les plus méchantes sont souvent les petites, plante le Dr Catherine Oliveres-Ghouti, dermatologue. Le problème, avec les méduses, c’est que comme elles sont transparentes, souvent on ne les voit pas dans l’eau, et on peut en toucher malencontreusement durant sa baignade ».

En cas de piqûre, « une douleur vive apparaît presque aussitôt, comme une brûlure ou une décharge électrique, décrit la dermatologue. Et quelques minutes plus tard, la peau rougit, et parfois une éruption rouge ou violacée apparaît sur la peau, voire des cloques, ou une marque similaire à une brûlure. Des signes qui montrent exactement la partie de la peau qui a été en contact. Ainsi, une patiente qui en a touché une en nageant en Méditerranée avait carrément la trace de la méduse sur sa peau, comme un tatouage rouge, avec le corps et les tentacules ! Et dans de rares cas, la douleur est si vive que cela peut déclencher un malaise vagal ».

Comme un tatouage rouge vif, l'une des patientes du Dr Oliveres-Ghouti a gardé sur la peau une marque de la méduse qu'elle a croisée en se baignant.
Comme un tatouage rouge vif, l'une des patientes du Dr Oliveres-Ghouti a gardé sur la peau une marque de la méduse qu'elle a croisée en se baignant. - Dr Catherine Oliveres-Ghouti

Le bon réflexe

En premier lieu, « on garde son calme et on ne touche surtout pas l’endroit de la piqûre : quand les tentacules de la méduse touchent la peau, les nématocystes qu’elles renferment, des sortes de petites vésicules contenant le venin urticant, vont s’accrocher à la peau. Si on frotte avec ses mains, on va faire éclater les nématocystes encore fermés, au risque d’étendre la piqûre, de décupler la douleur et de la diffuser au niveau de la main », prévient le Dr Oliveres-Ghouti.

« Si on est sur une plage surveillée, on peut se rendre au poste de secours, les secouristes sont habitués à gérer ces situations. Dans tous les cas, on se rince sans frotter à l’eau de mer. Ensuite, si on voit que des tentacules sont restés collés à la peau, on les retire délicatement avec une pince à épiler, pas à mains nues. Puis on met du sable sur la piqûre pour piéger les débris de méduse, que l’on le retire en raclant doucement avec un carton rigide. Ensuite, au besoin, on peut tremper la plaie quelques minutes dans de l’eau salée chaude (une quarantaine de degrés, pas plus) pour inactiver le venin et calmer la douleur, poursuit la dermatologue. Et si on a très mal, on peut aussi appliquer une crème à base de cortisone pour soulager rapidement la douleur ».

Après cette déconvenue, il est possible de garder pendant plusieurs jours une marque sur la peau. « La piqûre de méduse peut provoquer une forme de brûlure cutanée, souligne le Dr Oliveres-Ghouti. Il est important de ne pas exposer sa plaie au soleil sous peine d’en garder longtemps une marque pigmentée. Donc on garde sa plaie à l’ombre, sous un vêtement ou une bonne couche d’écran total », prescrit-elle.

Mais la première précaution à adopter est de se renseigner sur la présence de méduses sur son lieu de baignade, notamment en cas de vacances programmées sur les plages de Méditerranée. « S’il est indiqué qu’elles sont présentes en nombre, mieux vaut éviter de se baigner, conseille le Dr Oliveres-Ghouti. S’il y en a peu, le plus prudent est de ne pas se baigner seul, considérant le risque – bien que rare – de malaise, donc de noyade. C’est ce qui est arrivé à une autre patiente, piquée à l’étranger par une méduse très venimeuse qui lui a fait perdre connaissance dans l’eau. Elle a heureusement été sauvée par un baigneur qui l’a vue sombrer et l’a réanimée ».

La fausse bonne idée

Dans la panique et la douleur, on pourrait être tenté de courir vers sa bouteille d’eau ou vers le robinet le plus proche pour passer sa piqûre sous l’eau bien froide. Mais « il ne faut surtout pas la rincer à l’eau douce : les vésicules encore accrochées à la peau éclateraient et libéreraient leur venin, avertit le Dr Oliveres-Ghouti. De la même manière, il ne faut pas sucer la piqûre en vue d’aspirer le venin ! Il ne s’agit pas ici d’une piqûre d’abeille, par exemple, qui laisse son dard planté dans la peau ».

Quant à la fameuse question que tous ceux qui ont regardé Friends se posent : non, « il n’est pas recommandé d’ uriner sur la piqûre, répond la dermatologue. Certes, l’urine est salée. Mais ce n’est pas forcément pratique si vous vous êtes fait piquer à l’épaule ! De plus, la plaie risquerait de s’infecter ».

Ça leur est arrivé

Sa baignade sur une plage libanaise, Abdel en garde un souvenir bien vif. « J’étais dans l’eau quand les tentacules d’une méduse m’ont effleuré la cuisse. J’ai ressenti une sensation douloureuse de brûlure quasi immédiate, en à peine quelques secondes. Après être sorti de l’eau, j’ai passé de l’eau sur ma piqûre, qui était de plus en plus douloureuse, puis je suis allé au poste de secours de la plage. Visiblement, c’est assez courant là-bas, parce que le maître nageur sauveteur était paré et bien équipé. Il m’a appliqué une pommade à base de cortisone, et ça a soulagé la sensation de brûlure en quelques minutes, heureusement qu’il avait ce qu’il fallait ! Après ça, bizarrement, je me suis nettement moins souvent baigné ».