Covid-19 : L’hydroxychloroquine en cause dans 9.500 décès lors de la première vague

MORTS EVITABLES En France, entre 98 et 256 décès seraient liés à ce médicament polémique

X.R.
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L'hydroxychloroquine serait liée à au moins 9500 décès dans 8 pays.
L'hydroxychloroquine serait liée à au moins 9500 décès dans 8 pays. — Fotoarena/Sipa USA/SIPA

Le remède du docteur Raoult serait-il un poison ? En tout cas, l’efficacité de l’hydroxychloroquine contre le Covid-19 fait clairement débat, et ce depuis la première vague. Promu par des personnalités médiatiques contestées dans la sphère médicale, le médicament a même fait un temps l’objet de l’intérêt d' Emmanuel Macron, qui s’en est vite détourné. Trop de critiques et d’effets indésirables, pas assez de preuves…

En 2021, une étude parue dans Nature Communications indiquait déjà que les patients traités à l'hydroxychloroquine avaient 11 % de risques de décéder de plus que les autres patients. Une étude française, présentée lors du congrès de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique, enfonce encore un peu plus le médicament : il aurait causé environ 9.500 décès dans au moins huit pays lors de la première vague.

98 à 256 décès en France

A partir des données de ces huit pays (la Turquie, le Brésil, la Belgique, la France, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et les Etats-Unis), les scientifiques ont observé le taux d’exposition des malades au médicament et leur taux de mortalité. Par ailleurs, le taux de prescription du médicament varie énormément d’un pays à l’autre, de 6 à 97 %. Ainsi en France, entre 6 et 16 % des patients hospitalisés se seraient vu proposer un traitement à l’hydroxychloroquine, et 98 à 256 personnes en seraient mortes.

En combinant leurs données à celles d’équipes de Berlin et Stanford, les scientifiques ont pu établir qu’environ 5.645 décès seraient liés au médicament aux Etats-Unis, et 9.485 sur l’ensemble des huit pays étudiés. Les taux de prescription de l’hydroxychloroquine dégringolant après la première vague, les chercheurs ont arrêté là leur étude. Selon eux, les décès seraient imputables aux effets cardiaques indésirables du traitement, alors que le Covid-19 peut lui-même affaiblir le cœur.