Pas-de-Calais : Dix-neuf ans plus tard, une campagne de dépistage du saturnisme chez les jeunes lancée à proximité de Metaleurop

PREVENTION Les autorités ont lancé une campagne de dépistage collectif des contaminations au plomb pour les jeunes vivant aux abords de l’ancien site métallurgique de Metaleurop, dont l’activité a cessé en 2003

Mikaël Libert
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L'ancien site de Metaleurop, dans le Pas-de-Calais.
L'ancien site de Metaleurop, dans le Pas-de-Calais. — POUZET/WP/SIPA
  • La fonderie Metaleurop a fermé ses portes en 2003, laissant un site largement pollué aux métaux lourds, dont le plomb.
  • Une enquête de France 5 prouvait des taux de contamination encore très élevés des sols près de 20 ans plus tard.
  • Les autorités ont ainsi lancé une campagne de dépistage collectif des intoxications au plomb auprès des enfants et des jeunes de mois de 18 ans.

Contamination au long cours. Près de deux décennies après la fermeture de la fonderie Metaleurop, à Noyelles-Godault, dans le Pas-de-Calais, la santé des voisins de l’ancien site industriel inquiète toujours. Une nouvelle campagne de dépistage du saturnisme, maladie liée à l'intoxication au plomb, a été lancée par les autorités pour les moins de 18 ans.

C’est un vaste périmètre qui est concerné par cette campagne, commencée le 15 juin dernier. Il comprend non seulement la commune où l’usine était installée, Noyelles-Godault, mais aussi les villes de d’Evin-Malmaison, Courcelles-lès-Lens, Leforest et Dourges. Les personnes ciblées sont les enfants et les jeunes de moins de 18 ans. Leurs parents recevront, dans les jours qui viennent, une lettre de l’Assurance maladie les invitant « à se rendre avec leur enfant dans le laboratoire de leur choix pour effectuer une prise de sang », détaille la préfecture du département.

5.800 enfants atteints de saturnisme entre 1962 et 2020

Cette initiative vient en réponse à « l’inquiétude récemment exprimée par une partie de la population du territoire », reconnaît la préfecture, précisant toutefois que l’offre de dépistage individuel était toujours en vigueur. Cette « inquiétude », si longtemps après la fermeture du site, a pris corps après la diffusion, fin avril, d’une enquête de l’émission de France 5, Vert de rage, qui révélait « le drame environnemental » que représentait la présence de « plomb partout » dans la commune d’Evin-Malmaison. L’enquête prouvait de ce métal avait été trouvé en de nombreux endroits à des taux supérieurs de 3,6 à 5,7 fois au « taux d’évacuation ». Coup de grâce : le documentaire avance le chiffre de plus de 5.800 enfants atteints de saturnisme entre 1962 et 2020 pour les seules communes d’Evin-Malmaison, Courcelles-lès-Lens et Noyelles-Godault.

De leur côté, les autorités affirment que « durant les 10 dernières années, une seule déclaration de saturnisme a été enregistrée dans les communes concernées ». La préfecture et l’Agence régionale de santé (ARS) avancent qu’une « douzaine de dépistages individuels » réalisés à Evin-Malmaison n’a montré qu’un cas ou le taux de plomb « est inférieur à 14 μg/l » alors que les autres « sont inférieurs à 10 μg/l ». Selon Santé publique France, « le seuil de vigilance est de 25 μg/l » et l’intoxication au plomb « est établie au-delà de 50 μg/l ».