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METS DE LA CREMECoup de soleil, cancer de la peau... Il faut se protéger du soleil en ville

Vague de chaleur : Coups de soleil, cancer de la peau... On ne se protège pas assez du soleil en ville

METS DE LA CREMESi on a à peu près les bons réflexes face au soleil à la plage, en ville, c’est une autre histoire
Avec la vague de chaleur qui va déferler cette semaine sur la France, les parcs et terrasses risquent d'être pris d'assaut par les citadins, mais mettront-ils un chapeau et de la crème solaire pour se protéger des méfaits du soleil? Pas sûr.
Avec la vague de chaleur qui va déferler cette semaine sur la France, les parcs et terrasses risquent d'être pris d'assaut par les citadins, mais mettront-ils un chapeau et de la crème solaire pour se protéger des méfaits du soleil? Pas sûr. - Gabrielle CEZARD/SIPA / SIPA
Anissa Boumediene

Anissa Boumediene

L'essentiel

  • Cette semaine, une vague de chaleur déferle sur toute la France, avec des températures qui vont dépasser localement les 40 °C.
  • Pourtant, en pratique, rares sont celles et ceux qui pensent à se protéger des méfaits du soleil en ville.
  • A l’occasion de la Semaine de prévention et de sensibilisation au dépistage ciblé des cancers de la peau et en pleine vague de chaleur, 20 Minutes rappelle les bons réflexes à adopter face au soleil en milieu urbain.

Ça sent bon l’été. Il fait beau, très beau. Et chaud, très chaud. Voire trop. Et ça va durer toute la semaine. Dès ce mercredi, une vague de chaleur précoce venue du Maghreb va toucher toute la France, où le thermomètre va s’affoler et dépasser localement les 40 °C.

Si les plus vulnérables doivent évidemment rester au frais et s’hydrater, les plus avides de soleil, eux, risquent de ne pas résister à l’appel des terrasses bien exposées, pendant que celles et ceux qui travaillent en extérieur devront concilier activité professionnelle et gestion de la chaleur et du soleil. Un soleil qui, sans protection, ne veut pas que du bien à notre épiderme. A l’occasion de la Semaine de prévention et de sensibilisation au dépistage ciblé des cancers de la peau, du 12 au 17 juin, 20 Minutes vous rappelle les bons réflexes à adopter en ville pour profiter des vertus du soleil sans subir ses méfaits.

Des méfaits identiques à la plage et en ville

En vacances, on est à peu près bons élèves. Plage, montagne, campagne… Durant l’été, nombreux sont celles et ceux qui adoptent les bons réflexes. Au quotidien, en revanche, quand le soleil chauffe le bitume et nous fait suffoquer, les bonnes habitudes sont souvent oubliées. Que ce soit pour aller au travail, prendre un verre ou simplement se déplacer à pied, personne ou presque ne se protège. « Pour la plupart des gens, ce n’est nécessaire qu’en vacances. En ville, ce n’est pas un sujet de préoccupation », observe le Dr Isabelle Rousseaux, dermatologue.

Pourtant, « le soleil ne fait pas de sélection : il tape partout, souligne le Dr Marc Perrussel, dermatologue au CHU de Pontchaillou à Rennes et vice-président du Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV). Et quand on exerce un métier en extérieur ou que l’on passe plus de temps dehors, dans les parcs ou en terrasse, aux heures les plus à risque, les UV vont déployer leurs effets néfastes comme partout ailleurs ». Or, « l’exposition aux rayonnements UV constitue la première cause des cancers cutanés », rappelle le SNDV. Des UV qui ont « une présence variable : les UVA, responsables du vieillissement cutané, rayonnent toute l’année, quand les UVB sont surtout présents en période estivale, quand on s’expose davantage, détaille le Dr Perrussel. Des UVB qui traversent la pollution et vont éventuellement donner coups de soleil et consommer le capital soleil ».

Des personnes plus à risques que d’autres

A dose homéopathique (15 minutes par jour sur les avant-bras), le soleil a des bienfaits pour l’organisme. Il lui permet de synthétiser la vitamine D – essentielle pour la santé des os et l’immunité. Et il faut bien l’avouer, le soleil, on l’aime aussi pour ce hâle doré qu’il donne à la peau. Mais à haute dose, il n’est plus un ami. Et à long terme, « une exposition mal contrôlée peut avoir des conséquences néfastes, pouvant aller jusqu’au cancer », prévient le Dr Perrussel. En particulier chez certaines personnes : « nous ne sommes pas tous égaux face au soleil, et certaines personnes sont plus à risque de développer un cancer cutané », rappelle le SNDV.

Sont potentiellement à risque de mélanome « les personnes qui ont la peau, les yeux et les cheveux clairs, qui prennent facilement des coups de soleil et qui ont de nombreux grains de beauté », détaille le Dr Perrussel. L’Australie, où les rayons sont particulièrement nocifs en raison d’un trou dans la couche d’ozone, et où la population blanche historique est d’ascendance britannique, affiche l’un des taux de cancer de la peau les plus élevés de la planète. Pour autant, « moins fréquemment certes, les peaux foncées peuvent être à risque de mélanomes », souligne le dermatologue. En outre, « être immunodéprimé, avoir des antécédents familiaux ou personnels de mélanome » sont des facteurs de risque, complète le SNDV.

Et d’autres personnes sont elles aussi plus fragiles. « Tous ceux et celles qui travaillent en extérieur, dans le BTP, le sport en plein air ou en milieu rural », ajoute le Dr Perrussel. Mais aussi « les personnes chauves, complète le Dr Rousseaux. Le cuir chevelu est très fragile, c’est une zone de cancérisation très importante ». Ainsi, « l’une des pathologies les plus fréquentes chez les personnes chauves est la kératose actinique, explique le Dr Perrussel. Ce sont des lésions précancéreuses qui, dans 10 % des cas, peuvent évoluer en carcinome très virulent, puisque c’est un cancer qui peut métastaser. Et qui est plus fréquent que le mélanome, avec une fréquence d’environ 20 personnes pour 100.000 habitants, contre 2 à 4 pour 100.000 ».

Protection et surveillance régulière de rigueur

Pour se prémunir, « on adopte en ville les mêmes réflexes qu’à la plage, insistent les deux dermatologues : on évite le soleil entre 12 et 16h, ou on met des vêtements légers mais couvrants, on porte un chapeau à bords larges pour protéger le sommet du crâne ainsi que la nuque et les oreilles ». Et « on évite les tatoo sunburn, dessinés par les coups de soleil », insiste le Dr Perrussel. « Et on applique une crème solaire indice 50 dès qu’il y a un soleil fort, tous les matins, même pour aller faire ses courses », prescrit le Dr Rousseaux. « En quantité suffisante, poursuit le Dr Perrussel. Pour le décolleté par exemple, la bonne quantité, c’est le creux de la paume de la main, pas moins, à renouveler toutes les deux heures. Et cela ne dispense pas d’éviter le soleil aux heures les plus chaudes ».

Sans ces précautions, « il y a un risque de subir rapidement les effets des UV avec un coup de soleil, prévient le Dr Perrissel. Mais il est pernitieux et a des effets méchants à retardement. A terme, il y a le risque d’observer un vieillissement accéléré de la peau et l’apparition de cancer, que ce soit en milieu urbain, rural ou littoral ». Pour contrer les UVA « responsables du vieillissement de la peau et qui traversent les vitres, des filtres solaires peuvent être placés sur les bâtiments comme sur les véhicules des routiers, par exemple ».

Et pour rester sur ces – nouveaux – bons réflexes, « on inspecte ses grains de beauté régulièrement, en vérifiant qu’il n’y a pas de lésions rugueuses, rouges, boursoufflées, irrégulières, de plusieurs couleurs ou de diamètre important et changeant, conseille le Dr Perrissel. Au besoin, on consulte son médecin traitant qui, si nécessaire, fera le relais vers un dermatologue pour une prise en charge rapide ». Chaque année, environ 100.000 cancers de la peau sont détectés en France, indique le SNDV. Et selon l’INCa, le nombre de cancers de la peau a plus que triplé en trente ans.

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