Pays-de-la-Loire : Une campagne « inédite » de suivi et soins gynécologiques lancée dans la région

SOINS Dans la région, le nombre de gynécologues est en chute libre. Face à cette pénurie, une campagne d’informations inédite a été lancée, pour mieux orienter les femmes dans leur suivi

David Phelippeau
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Entre 2020 et 2021, le nombre de gynécologues a diminué de 5,8 % pour arriver à 35 spécialistes sur l’ensemble de la région. Illustration.
Entre 2020 et 2021, le nombre de gynécologues a diminué de 5,8 % pour arriver à 35 spécialistes sur l’ensemble de la région. Illustration. — TPH/SIPA
  • Une diminution forte du nombre de gynécologues est constatée en France. La région Pays-de-la-Loire n’échappe pas à la règle.
  • Ce mercredi, une campagne d’informations inédite pour mieux orienter les femmes dans leur parcours de soins gynécologiques a été lancée dans les Pays-de-la-Loire.

Le constat est sans appel et national. Il y a une baisse notable et régulière du nombre de gynécologues en France, et la région Pays-de-la-Loire ne fait malheureusement pas figure d’exception. Entre 2020 et 2021, le nombre de gynécologues médicaux a diminué de 5,8 % pour arriver à 35 spécialistes sur l’ensemble de la région, soit 2,2 médecins pour 100.000 habitants. Une baisse de 2,1 % est également constatée concernant les gynécologues obstétriciens, avec 8,9 médecins pour 100.000 habitants.

Cette pénurie – en grande partie causée par la suppression en 1987 de la spécialité gynécologie médicale par le ministère pour, notamment, des raisons financières [la spécialité avait été rétablie en 2003] – n’est pas sans poser de nombreux soucis pour les femmes. C’est pour remédier à ces problèmes que l’Assurance Maladie en Pays-de-la-Loire, l’URML (union régionale des médecins libéraux) et l’ URPS Sages-femmes ont lancé, ce mercredi après-midi, « une campagne d’informations inédite pour mieux orienter les femmes dans leur parcours de soins gynécologiques, les informer sur les professionnels de santé intervenant sur ce "parcours de santé intime", et lutter contre certaines idées reçues », selon Thomas Bouvier, sous-directeur de la CPAM du 44. Une campagne régionale qui pourrait bien essaimer un peu partout en France…

Une campagne « inédite » dans les Pays-de-la-Loire

Car certains chiffres inquiètent. « 1/3 seulement des jeunes filles sont vaccinées contre le papillomavirus humain, indique Thomas Bouvier. Et seulement la moitié des femmes de plus de 60 ans a fait un dépistage du cancer du col de l’utérus. » « Il y a une vraie méconnaissance du parcours de santé intime des femmes, c’est le moment d’avoir une action coordonnée à l’échelle régionale… », assure Pascal Rochois, directeur de la de la CPAM du 72.

De gauche à droite, Pascal Rochois, directeur de la CPAM72) et Thomas Bouvier (sous-directeur de la CPAM de Loire-Atlantique), le Docteur Lassalle Gérard (médecin généraliste à Vallet), le Docteur Pia De Reilhac (gynécologue à Nantes) et Célia Tomasi (sage-femme en Vendée) ont lancé la campagne régionale.
De gauche à droite, Pascal Rochois, directeur de la CPAM72) et Thomas Bouvier (sous-directeur de la CPAM de Loire-Atlantique), le Docteur Lassalle Gérard (médecin généraliste à Vallet), le Docteur Pia De Reilhac (gynécologue à Nantes) et Célia Tomasi (sage-femme en Vendée) ont lancé la campagne régionale. - David Phelippeau/20 Minutes

Et le message est clair à travers cette campagne « inédite » : en plus des gynécologues, les médecins généralistes et les sages-femmes peuvent parfaitement effectuer tout ou partie des consultations liées au parcours de santé gynécologique des femmes, de l’adolescence à la période post-ménopause. D’autant que dans la région, le nombre de sages-femmes est en constante hausse (+ 23 % entre 2017 et 2021) et celui de médecins généralistes ne cesse pas non plus d’augmenter (3.158 dont 1.392 en Loire-Atlantique) également.

Une sage-femme peut obtenir un rendez-vous plus vite chez un gynécologue

« Une sage-femme peut faire du dépistage chez une femme en bonne santé et prescrire une contraception, explique par exemple Célia Tomasi, qui exerce ce métier en Vendée. Pour des soucis plus importants, elle peut ensuite renvoyer vers le gynécologue de manière plus rapide. »

Le docteur Pia De Reilhac, gynécologue à Nantes, regrette, elle, les idées reçues : « Trop de femmes pensent que le suivi gynécologique s’arrête à partir de la ménopause, que passé un certain âge, la mammographie n’est plus nécessaire par exemple. C’est au contraire dans cette période qu’il y a le plus de cancers. » Informer et battre en brèche les préjugés, ce sont donc les deux objectifs de cette campagne lancée ce mercredi dans la région.