Toulouse : Bientôt une « cabine de téléconsultation qui tient dans la main » pour aller chez le médecin tout en restant à la maison ?

SANTE AUGMENTEE Comme une cabine de téléconsultation de poche : avec l’aide d’un boitier connecté créé par une start-up toulousaine, un médecin pourra bientôt examiner ses patients sous toutes les coutures.

Marie-Dominique Lacour
— 
Une téléconsultation médicale. (illustration).
Une téléconsultation médicale. (illustration). — Bastien Louvet/SIPA
  • La start-up toulousaine Doc2u a créé un boîtier connecté et transportable qui permettra de transmettre au médecin en temps réel les données de santé d’un patient lors d’un examen médical à distance.
  • Ce « cabinet médical qui tient dans la main », en simplifiant la téléconsultation, peut permettre de lutter contre les déserts médicaux.
  • Le dispositif doit être commercialisé dès cet été. Il sera prêté aux patients par les plateformes de téléconsultation, Ehpad, cabinets médicaux et pharmacies.

Imaginez que vous ne soyez plus obligés de perdre du temps dans la salle d’attente surpeuplée de votre généraliste où les rhumes de votre enfant vous traînent tous les quatre matins. C’est le pari d’une start-up toulousaine qui veut révolutionner la téléconsultation. Plus besoin de trouver une cabine : c’est elle qui vient à la maison. Grâce à un nouveau boîtier connecté, le médecin pourra écouter votre cœur ou vos poumons en direct, sur son écran de monitoring.

En plus des constantes « classiques » (rythme cardiaque, tension artérielle, température et niveau d’oxygène), un « otoscope » – ce petit appareil à tête de toupie que le docteur utilise pour voir au fond de vos oreilles – lui permettra même d’aller regarder votre gorge ou vos tympans à l’aide d’une minuscule caméra de précision. Pierre-Henri Gorioux, médecin généraliste à Toulouse, a plusieurs fois testé cette « cabine de téléconsultation miniature, transportable, pas très chère et surtout très simple d’utilisation », et il espère l’utiliser prochainement avec ses patients.

Un « cabinet médical qui tient dans la main »

Si la téléconsultation s’est bien démocratisée pendant la période du Covid-19, le dispositif est le premier à réunir autant d’appareils connectés dans un boîtier à peine plus grand qu’un téléphone. Rechargeable sur batterie, il devrait être commercialisé dès cet été auprès des plateformes de téléconsultation comme Doctolib ou Mesdocteurs. Les patients pourraient aussi y avoir accès dans les pharmacies, les Ehpad et même les entreprises.

Malades chroniques, population fragile, salariés ou parents qui manquent de temps… « le public, c’est tout le monde », résume Sébastien Risler. Lui aussi, père de famille, a connu les affres des salles d’attente bondées et les rendez-vous impossibles à trouver avant de fonder Doc2u avec deux associés. Il estime que « d’un point de vue technique, 80 % des consultations pourraient être basculées à distance, même si ce chiffre ne prend pas en compte le lien humain et le rôle social du médecin ».

Les associés voient large. Ils visent le marché international et prévoient d’autres indicateurs pour permettre la détection précoce de maladies, notamment cardiovasculaires. Mais la télémédecine a aussi ses limites et Sébastien Risler en a bien conscience : « Sur certaines plateformes, on a vu des médecins ouvrir des créneaux de téléconsultation toutes les cinq minutes. C’est aberrant ! A l’inverse, il semble tout aussi arbitraire de les limiter à 20 % d’actes distance. » Selon lui, le système devrait plutôt tendre à apprécier les actes à leur juste valeur, « par exemple en échelonnant les tarifs, en fonction du temps passé et des moyens utilisés par le praticien », propose-t-il.