Variole du singe : Bill Gates avait-il prédit une pandémie comme l’affirment les internautes ?

FAKE OFF Bill Gates, le fondateur de Microsoft, a en réalité seulement préconisé de mettre en place un groupe de travail et d’étudier différents scénarios afin de se préparer aux futures pandémies

Maïwenn Furic
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Bill Gates n'a pas prévu une pandémie de variole du singe.
Bill Gates n'a pas prévu une pandémie de variole du singe. — Capture d'écran
  • Une nouvelle maladie inquiète ces dernières semaines : la variole du singe. Les premiers cas ont été recensés en France, et pour certains, cela rappelle des souvenirs amers de la fin de l’année 2019.
  • Pour des internautes, Bill Gates, le fondateur de Microsoft, avait prédit une pandémie de cette variole du singe.
  • Est-ce vrai ? 20 Minutes vous explique l’origine de ce quiproquo.

« Pour Bill Gates, le prochain risque c’est une épidémie de variole. Oh ben tiens, comme c’est bizarre, voilà qu’apparaissent une multiplication inexpliquée de cas de variole du singe », écrit un internaute sur Twitter. Depuis plusieurs jours, le message circule sur Twitter, alors que les premiers cas de cette maladie ont été détectés en France la semaine dernière.

Le Courrier du soir, épinglé pour ses nombreuses fausses informations, a également diffusé ces propos. « Il y a tout juste six mois, Bill Gates, dans une interview accordée à Policy Exchange, média britannique, nous mettait en garde contre l’arrivée d’une éventuelle pandémie de variole dans le monde », peut-on lire.

Des internautes prétendent que le fondateur de Microsoft aurait prédit la variole du singe.
Des internautes prétendent que le fondateur de Microsoft aurait prédit la variole du singe. - Capture d'écran

Aussi appelée « monkeypox », la variole du singe peut causer des symptômes divers : fièvre, mal de tête, douleurs musculaires, mal de dos, ganglions lymphatiques enflés, frissons et fatigue. Des éruptions cutanées peuvent également survenir, souvent sur le visage, et se répandre sur d’autres parties du corps, notamment les parties génitales. Il n’existe pas de traitement pour cette infection virale qui se guérit d’elle-même. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a assuré que « pour la population en général, la probabilité de contagion est très faible ».

Tout comme le fondateur de Microsoft n'avait pas créé le Covid-19 et programmé la vaccination pour pouvoir injecter des puces aux personnes, il n’a pas non plus prédit une pandémie de variole du singe. 20 Minutes fait le point.

FAKE OFF

Comme on peut le lire sur le site Courrier du soir, toute la fausse information est basée sur une interview donnée par Bill Gates à Policy Exchange, think tank conservateur basé à Londres. Dans celle-ci, il explique que, selon lui, il faut augmenter les moyens investis dans la recherche afin de se préparer à de potentielles futures pandémies. « Nous avons vu les dégâts que cela cause, au niveau de l’économie, de la mortalité… », souligne Bill Gates.

Ce dernier demande un groupe de travail sur les pandémies au niveau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et évoque également des « germ games ». Cela prendrait la forme d’entraînements de préparation qui permettraient de se demander « Comment réagirait le monde face à ça ? » ou ce qu’il conviendrait de faire. C’est de là qu’est née la fausse information. L’entrepreneur prend un exemple pour son « jeu » : « Et si un bioterroriste apportait la variole dans dix aéroports ? »

Il ne s’agissait donc en rien d’une prédiction, mais d’un scénario d’entraînement éventuel. D’ailleurs, il est expliqué que la variole du singe est une maladie qui se transmet naturellement des animaux à l’être humain et inversement. Ce qui ne correspond en rien à la piste du bioterroriste, ni à celle des aéroports.

Bill Gates n’est pas le seul à alerter sur de potentielles futures pandémies. Le Rapport Vigie 2020 de Futuribles, qui explore 16 scénarios de rupture à l’horizon 2040-2050, affirmait que nous avons de forts risques de vivre d’autres pandémies dans les vingt prochaines années. Les experts de l’ONU ont également affirmé que le monde se dirige vers des pandémies qui pourraient être plus fréquentes et plus meurtrières.