Bordeaux : La nuit, les urgences du CHU Pellegrin ne seront plus accessibles que via le 15

SANTE A partir de mercredi soir, les patients devront obligatoirement contacter le Samu-Centre 15 avant de se rendre aux urgences adultes du CHU de Bordeaux

Mickaël Bosredon
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Illustration ambulances , secours au CHU Bordeaux
Illustration ambulances , secours au CHU Bordeaux — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Un système de régulation des patients entre en vigueur à partir de mercredi soir aux urgences adultes du CHU de Bordeaux.
  • Il faudra désormais contacter le Samu-Centre 15 avant de se rendre aux urgences en soirée.
  • L’objectif est de faire face au manque de personnel dans une situation de grande tension.

Après le « poste avancé » devant les urgences, place à la « régulation » des patients. Face à la « tension » aux urgences adultes, l’ARS (Agence Régionale de Santé) Nouvelle-Aquitaine annonce mardi dans un communiqué, que le service des urgences du CHU Pellegrin à Bordeaux va devoir « s’adapter ». Une « régulation » des patients via le Samu-Centre 15, va ainsi être mise en place « pour une période déterminée », à partir de mercredi soir.

Pour les patients, « il sera indispensable de contacter le 15 avant tout déplacement aux urgences » adultes du CHU Pellegrin, entre 20 h et 8 h.

Le CHU de Bordeaux explique que « dans un contexte national où les services d’urgence sont très sollicités et où recruter de nouveaux professionnels de santé s’avère particulièrement difficile, l’ARS et le CHU de Bordeaux travaillent sur des solutions pour modifier, pour plusieurs semaines, les modes d’accès aux urgences adultes afin de les réserver aux personnes qui en ont réellement besoin. L’objectif est de garantir des prises en charge sécurisées en priorisant les urgences les plus sévères. »

« Tri des patients » selon Sud Santé

Pour les patients qui se présenteraient sans avoir contacté le 15, « un téléphone relié au Samu sera accessible devant l’accès des urgences », précise l’ARS. « Il permet de garantir à tous les patients qui se présenteraient une réponse adaptée : un conseil médical, une prescription médicamenteuse ou biologique, une prise de rendez-vous différé, une réorientation vers un service d’urgence d’un établissement de proximité. En cas d’urgence avérée, le patient est pris en charge directement par le service des urgences. »

Pour le syndicat Sud-CHU Bordeaux, qui dénonce cette décision, il s’agit ni plus ni moins d’un « tri des patients à l’entrée des urgences adultes de Pellegrin. » « Il manque des médecins urgentistes, des infirmiers, des soignants, énumère Gilbert Mouden infirmier anesthésiste et délégué syndical Sud Santé, si bien qu’aujourd’hui, le CHU de Bordeaux n’est plus capable d’accueillir la population en détresse. » Si l’infirmier-anesthésiste admet qu’il y a « une éducation des patients à faire concernant l’accès aux urgences, celle-ci devrait se faire en amont, pas en pleine crise ».

« Fortes tensions liées à la fatigue des équipes en place »

L’ARS reconnaît de son côté que « ces dernières semaines, comme partout en France, plusieurs établissements de santé néo-aquitains ont connu de fortes tensions liées à la fatigue des équipes en place après deux années de pandémie, et à la difficulté de recruter des médecins ou du personnel paramédical ». C’est dans ce cadre qu’il est aujourd’hui « nécessaire d’adapter l’organisation au sein d’un service d’urgences » pour continuer « d’assurer son fonctionnement H24 ».

Le syndicat Sud pointe toutefois que « malheureusement notre système de régulation des appels (SAMU) est également en grande souffrance par manque de moyens humains et plus particulièrement d’ARM (Assistants de régulation médical) qui sont aujourd’hui renforcés par plus de quarante étudiants en médecine ».

Un mouvement social pour dénoncer les conditions de travail aux urgences, devrait être organisé la semaine prochaine devant le CHU.