Santé mentale : Depuis début 2022, les passages aux urgences pour comportement suicidaire augmentent chez les ados

SOUFFRANCE Un bilan publié par Santé Publique France fait état d’une hausse des passages aux urgences pour geste ou idées suicidaires chez les 15-17 ans en ce début d’année

H.S. avec AFP
— 
Une mère et sa fille à l'hôpital Robert Debré à Paris, en mars 2021.
Une mère et sa fille à l'hôpital Robert Debré à Paris, en mars 2021. — Christophe Ena/AP/SIPA

La santé mentale des jeunes continue d’inquiéter les professionnels. Deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, qui a particulièrement fragilisé les adolescents et jeunes adultes, un nouveau bulletin mensuel vient confirmer cette tendance. Publiée par Santé publique France (SPF), cette note fait état d’un « niveau élevé des passages aux urgences pour geste suicidaire, idées suicidaires et troubles de l’humeur chez les 11- 17 ans et les 18-24 ans ».

Le bulletin indique par ailleurs que pour ces deux tranches d’âge, les passages « pour geste suicidaire, idées suicidaires et troubles de l’humeur » sont « supérieurs à ceux observés début 2021 ». En mars dernier, un nouveau mémoire sur le sujet réalisé à l’échelle mondiale par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pointait un risque plus élevé de comportements suicidaires, notamment des tentatives de suicide et des cas d’automutilation chez les jeunes depuis la pandémie.

Les filles plus touchées que les garçons

Dans un article du Monde publié ce mardi, plusieurs professionnels de l’enfance alertent les pouvoirs publics face à ces données. Interrogé par le quotidien du soir, Richard Delorme, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), situé dans le nord-est de Paris s’étonne : « Les tentatives de suicide ne cessent de monter, avec une augmentation de 25 % en janvier, février et mars 2022, par rapport à la même période de 2021 (…) On ne pensait pas que ça pouvait encore augmenter. » Autre enseignement tiré du bulletin de Santé publique France (SPF), les jeunes filles seraient plus largement touchées que les garçons.

Conscient des conséquences de la pandémie sur la santé mentale des Français et des plus jeunes, Emmanuel Macron avait appelé, en septembre dernier, à mettre plus de moyens dans le secteur. Depuis le 5 avril dernier, le remboursement par la Sécurité sociale de huit séances chez le psychologue pour tous les patients âgés de plus de 3 ans est désormais possible. Sur « orientation du médecin », ils peuvent consulter un psychologue référencé sur le site « MonPsy », et bénéficier d’un entretien d’évaluation et de sept séances de suivi par an, remboursés par l’Assurance maladie.