Covid-19 : Le variant Omicron est-il moins dangereux pour les enfants ?

PANDEMIE Les dernières données sont rassurantes : si le nombre de contaminations et d’hospitalisations a augmenté en janvier, les Covid graves ont baissé en mars

Oihana Gabriel
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Une petite fille à l'hôpital. Les Pims, syndromes très dangereux, ont nettement baissé en mars 2022, en dépit d'une augmentation des contaminations chez les 0-9 ans.
Une petite fille à l'hôpital. Les Pims, syndromes très dangereux, ont nettement baissé en mars 2022, en dépit d'une augmentation des contaminations chez les 0-9 ans. — Canva
  • Si la vague Omicron de janvier a provoqué une hausse importante des contaminations, bonne nouvelle : le nombre de Covid graves chez les enfants n’a pas explosé.
  • La dernière étude de Santé Publique France dévoile que le nombre de PIMS, des syndromes rares mais graves qui interviennent chez les plus jeunes quelques semaines après un Covid-19, a drastiquement baissé en mars.
  • « 20 Minutes » vous résume les dernières informations, qui laissent à penser qu’Omicron serait plus contagieux mais moins grave pour eux. Une information précieuse d’autant que la vaccination des moins de 12 ans reste basse.

Presque quatre semaines après la fin des masques à l’école, doit-on s’inquiéter de voir les contaminations des enfants à un niveau aussi élevé ? Vendredi dernier, près de 3.000 classes étaient encore fermées pour Covid-19, selon les chiffres du ministère de l'Education nationale, et 88.722 élèves avaient été contaminés sur une semaine.

Deux ans après le début de la pandémie, on en sait plus sur la sévérité du Covid-19 sur les enfants. Et notamment sur le variant Omicron, aujourd’hui responsable de 100 % des contaminations.

Les contaminations ont explosé en janvier

On a parfois entendu que la vague Omicron de janvier était « portée » par les enfants. « Il a été beaucoup plus contagieux que les précédents, reconnaît François Angoulvant, du service de pédiatrie générale de l’hôpital universitaire Robert-Debré (AP-HP). Mais c’est vrai pour toutes les tranches d’âges. Je ne crois pas qu’il ait un tropisme plus important pour les enfants par rapport aux adultes. L’explosion d’Omicron commence pendant les vacances scolaires de Noël, c’est clair sur les courbes. »

Ce graphique de Covid Tracker laisse apparaître que les contaminations touchent davantage les plus de 6 ans que les plus jeunes, et après un rebond en mars, les chiffres commencent à baisser ces derniers jours.
Ce graphique de Covid Tracker laisse apparaître que les contaminations touchent davantage les plus de 6 ans que les plus jeunes, et après un rebond en mars, les chiffres commencent à baisser ces derniers jours. - CovidTracker

Si les contaminations sont reparties à la hausse depuis deux semaines, les derniers graphiques de CovidTracker laissent espérer que les cas commencent à baisser.


Les hospitalisations ont augmenté en janvier, mais baissé ensuite

C’est dès le mois d’août 2021, donc à une époque où le variant Delta était majoritaire, qu’on commence à voir une augmentation des hospitalisations d’enfants pour Covid-19. François Angoulvant lance alors, avec des collègues, une étude pour recueillir toutes les entrées dans les 41 services de réanimations pédiatriques du pays. « Depuis le 30 août 2021, 700 enfants ont été admis en réa pédiatrique avec un Covid grave, explique-t-il. Un tiers ont fait un Covid aigu, un tiers un PIMS, et un tiers un "Covid fortuit", ce qui veut dire par exemple qu’un enfant hospitalisé pour une jambe cassée se retrouve avec un test positif. » Ce sont les patients hospitalisés « avec Covid » et non « pour Covid ». « Sur les enfants Covid aigu en réa, 60 % avaient des comorbidités, et au-delà de 2 ans, c’était 80 % », assure le pédiatre.

Graphique de Santé Publique France sur les entrées en réanimation des enfants depuis le début de la pandémie de Covid-19.
Graphique de Santé Publique France sur les entrées en réanimation des enfants depuis le début de la pandémie de Covid-19. - Santé Publique France

Et plus généralement, du côté des hospitalisations ? Le pic semble avoir été atteint en janvier. Elles ont baissé depuis, comme le montre ce graphique de Santé Publique France. Même s’il y a une légère augmentation avec le rebond des contaminations depuis deux semaines…

Grpahique dévoilant les hospitalisations des moins de 18 ans depuis le début de la pandémie.
Grpahique dévoilant les hospitalisations des moins de 18 ans depuis le début de la pandémie. - Santé Publique France

Est-ce à dire qu’Omicron était plus dangereux ? « Non, répond le pédiatre. Comme il y a eu plus de contaminations, il y a eu plus d’enfants hospitalisés. La plupart des enfants vont faire un Covid très peu symptomatique. »

Les PIMS ont drastiquement chuté depuis mars

Au-delà de faire un Covid aigu, qui concerne quasi exclusivement les enfants avec comorbidité (handicap, maladie respiratoire, trisomie 21, drépanocytose…), le deuxième risque face au Covid-19, c’est le PIMS (pour Pediatric inflammatory multisytem syndrome), ces « syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques ». « La bonne nouvelle, c’est qu’il y a eu beaucoup moins de PIMS avec Omicron qu’avec les variants précédents, environ 10 fois moins, souligne le pédiatre. Avant Omicron, le risque de faire un PIMS se situait autour de 1 sur 4.000. Avec Omicron, l’ordre de grandeur est plutôt de 1 sur 40.000. Donc oui, Omicron donne moins de formes sévères. »

Voici le graphique de Santé Publique France qui dévoile qu'à partir de début mars, les cas de Pims ont baissé.
Voici le graphique de Santé Publique France qui dévoile qu'à partir de début mars, les cas de Pims ont baissé. - Santé Publique France

Même soulagement du côté de Santé Publique France, qui a publié vendredi dernier son dernier point concernant ces pathologies graves. Depuis le début de la pandémie, 1.005 PIMS en lien avec la COVID-19 ont été signalés à l’autorité de santé par les pédiatres. Un enfant est décédé en deux ans, et 39 % des jeunes patients concernés ont dû aller en réanimation. « Au vu de l’incidence très importante des cas lors de la 5e vague chez les enfants, et de ce qui a été observé lors de la 4e vague, il était à craindre une augmentation du nombre des cas de PIMS très supérieure à celle qui a été observée. Mais une nette décroissance de l’incidence des PIMS est observée depuis la semaine 08 [début mars]. »

Autre bonne nouvelle, toujours selon Santé Publique France : « malgré une maladie initiale qui peut être sévère, les données montrent que très peu de séquelles sont observées lors des suivis des cas de PIMS à six mois, et il n’est pas exclu que les formes cliniques des PIMS liés au variant Omicron se révèlent moins sévères. » Comment l’expliquer ? « Aucun élément ne nous permettait de prévoir cela, admet le pédiatre. Cette épidémie, on la subit comme la météo. » Ce que l’on sait, en revanche, c’est qu’Omicron fait également moins de cas graves chez les adultes, y compris quand ils ne sont pas vaccinés.