Cannabis médical : Le CBD pour soigner des enfants épileptiques

TRAITEMENT Sous le contrôle de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), l’expérimentation du cannabis à usage médical a été lancée pour deux ans

20 Minutes avec AFP
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Le CBD thérapeutique
Le CBD thérapeutique — Ludovic MARIN / AFP

La France compterait près de 700.000 personnes épileptiques, dont environ 30 % présenteraient une résistance aux traitements existants. Cependant, selon une récente étude le  CBD semble avoir des effets très positifs sur les enfants atteints d’épilepsie réfractaire. L’échéance de l’expérimentation en 2023 pose le défi de la généralisation des traitements antiépileptiques à base de CBD.

Une étude de deux ans

Sous le contrôle de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), l’expérimentation du cannabis à usage médical a été lancée pour deux ans en mars 2021 en France. Au total, il doit inclure jusqu’à 3.000 patients.

Concernant l’épilepsie réfractaire, « nous avons des retours positifs sur l’efficacité des traitements (…) mais il y a toujours des effets indésirables, c’est relatif à tout médicament », reconnaît Nathalie Richard, qui dirige les travaux de l’ANSM, à l’issue d’une réunion du Comité scientifique temporaire (CST), chargé du suivi de l’expérimentation.

Pas de solution miracle

« Il ne faut pas voir dans le CBD un médicament magique », prévient cependant Stéphane Auvin, neuropédiatre à l’hôpital Robert Debré. Cette dernière doute que le traitement puisse soulager toutes les formes d’épilepsie. « Le CBD comme molécule dans le traitement des épilepsies a clairement sa place », mais « une expérimentation menée par l’ANSM donne-t-elle la même légitimité qu’un essai clinique pour mesurer les effets secondaires et l’efficacité ? », s’interroge le neuropédiatre.

Le dispositif doit faire l’objet d’une évaluation précise, souligne l’ANSM, notamment sur les répercussions du cannabis médical sur les autres traitements. Une certitude, les patients pris en charge dans le cadre de l’expérimentation continueront d’être traités « avec du cannabis médical » une fois qu’elle aura pris fin.