Montpellier : Pour déstresser les enfants avant l’examen, l’hôpital s’est doté d’un faux IRM en forme de fusée

EXAMEN L’équipement a pour objectif de rendre l’examen ludique pour les petits patients

Nicolas Bonzom
L'hôpital s'est doté d'un IRM sous forme de jeu, pour évacuer le stress des enfants
L'hôpital s'est doté d'un IRM sous forme de jeu, pour évacuer le stress des enfants — CHU de Montpellier
  • Pour évacuer le stress des enfants face à l’examen, l’hôpital de Montpellier s’est doté d’un simulateur, qui prend la forme d’une fusée, qui reproduit les sensations d’un IRM.
  • Ce drôle d’outil permet « d’informer et de distraire l’enfant, de façon à simuler un examen IRM, pour que l’enfant puisse réaliser le véritable examen, en toute confiance », confie Olivier Martin, cadre de santé à l’hôpital de Montpellier.
  • Le but est d’éviter les anesthésies générales, parfois indispensables pour les petits.

Dans son service de neuroradiologie, l'hôpital Gui-de-Chauliac, à Montpellier (Hérault), a installé une fusée. Sur le mur de cette pièce, est dessiné un astronaute, perché sur une petite planète, un drapeau à la main. On se croirait presque dans la chambre d’un enfant fasciné par l'espace. Cette fusée est un simulateur, qui reproduit les sensations d’un IRM (Imagerie par résonance magnétique).

Grâce aux mécènes du fonds Guilhem, le CHU s’est doté de ce drôle d’appareil, qui vise à évacuer le stress des petits patients, âgés de 2 à 6 ans, en leur montrant comment ça marche, avant de s’engouffrer dans le véritable IRM. Et de rendre ludique, et même plutôt agréable, un acte médical qui peut s’avérer un peu stressant pour les plus jeunes. Et pour leurs parents. Cet outil permet « d’informer et de distraire l’enfant, de façon à simuler un examen IRM, pour que l’enfant puisse réaliser le véritable examen, en toute confiance », confie Olivier Martin, cadre de santé à l’hôpital de Montpellier.

Eviter les anesthésies générales

Pendant 10 à 20 minutes, le jeune patient peut ainsi explorer le matériel, accompagné d’un bénévole de l’association Les Blouses roses ou d’un membre du personnel de l’hôpital, et se familiariser avec les bruits qu’il entendra lors de l’examen, avec la position allongée, et comprendre qu’il doit rester totalement immobile. Une fois rassuré, il peut pénétrer dans la fusée, et faire un essai, en regardant des dessins animés. Son passage dans le simulateur est enregistré, ce qui lui permet de débriefer ensuite, avec lui.

Car l’IRM est un examen long et bruyant, « qui, jusqu’à présent, nous imposait, pour les enfants que l’on n’arrivait pas à calmer, de recourir à une anesthésie générale, poursuit Olivier Martin. L’objectif de cet équipement est de permettre de réaliser cet examen sans anesthésie générale. Ne sont toutefois éligibles à ce simulateur que les enfants qui sont suffisamment coopérants, capables de comprendre et d’écouter les consignes. »

A la fin de l'acte, l'appareil félicite l'enfant, comme s'il avait remporté le jeu
A la fin de l'acte, l'appareil félicite l'enfant, comme s'il avait remporté le jeu - CHU de Montpellier

Un véritable atout, pour Nicolas Leboucq, le responsable de l’équipe médicale de neuro-imagerie pédiatrique. « Nous venons d’obtenir cet outil dans notre service, indique le médecin. Mais selon les retours que nous avons des autres services de radio pédiatrie dans les différents CHU français, nous constatons un véritable bénéfice, entre 50 et 80 % de diminution des anesthésies générales chez ces enfants. » Et l’enfant, une fois le véritable examen effectué, a même droit à un petit cadeau, de la part de l’équipe.