Rennes : Comment le pollinarium aide à prévenir les allergies aux pollens

ATCHOUM Dans ce petit jardin qui rassemble les principales plantes allergisantes de la région, les jardiniers observent à la loupe le début et la fin d’émission de pollens pour chacune des espèces

Jérôme Gicquel
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Le pollinarium de Rennes héberge les espaces de plantes les plus allergisantes de la région.
Le pollinarium de Rennes héberge les espaces de plantes les plus allergisantes de la région. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • A Rennes, un pollinarium est installé depuis six ans près du parc du Thabor.
  • Ce lieu, qui rassemble les principales plantes allergisantes de la région, se veut un outil de prévention des allergies aux pollens.
  • Le début et la fin d’émission de pollens de chacune des espèces sont scrutés à la loupe par les jardiniers.

Des températures plus douces, des jours qui s’allongent et le soleil qui repointe enfin son nez. Après des mois de grisaille et une actualité pour le moins plombante, l’arrivée du printemps dimanche va faire du bien moral. Mais le retour des beaux jours est aussi synonyme de calvaire pour les millions de Français allergiques aux pollens. Dans le cabinet du Dr Mickaël Pouliquen, allergologue à la clinique de Saint-Grégoire près de Rennes, les consultations pour rhinite allergique, plus communément appelée rhume des foins, ont d’ailleurs déjà commencé. « Principalement pour des pollens d’aulne et de frêne pour l’instant », indique-t-il.

Dans les prochains jours, il s’attend à un pic d’activité avec les premiers pollens de bouleau, une allergie très fréquente. « Il y aura ensuite la période des graminées qui s’étend d’avril à juillet avec un pic vers la fin mai ou début juin », précise l’allergologue. Outre les capteurs de pollens installés aux quatre coins de la France, la profession dispose depuis une quinzaine d’années d’un nouvel outil pour prévenir ces allergies. Il s’agit des pollinariums sentinelles qui ont vu le jour dans plusieurs villes, principalement dans le Grand Ouest.

Un suivi en temps réel des émissions de pollens

Celui de Rennes, qui ouvre ses portes au public ce samedi avec des visites guidées, est installé depuis 2016 au-dessus du square Lucien-Rose, tout près du parc du Thabor. Dans ce petit jardin, une quinzaine de plantes communes dans la région ont été plantées comme le vulpin des prés, le plantain lancéolé, le chêne pédoncule ou le noisetier. « Ce sont les espèces qui ont les pollens les plus allergisants », souligne Hervé Tiger, jardinier-botaniste à la ville de Rennes et responsable du pollinarium.

Pour chaque espèce, les jardiniers notent le début et la fin d'émissions de pollens sur un carnet.
Pour chaque espèce, les jardiniers notent le début et la fin d'émissions de pollens sur un carnet. - J. Gicquel / 20 Minutes

Chaque jour, ces plantes sont scrutées à la loupe par les jardiniers pour détecter le début et la fin d’émission de pollens pour chacune des espèces. « On est ainsi au plus proche de ce qui se passe dans la nature », indique-t-il. Les données sont alors compilées par le site Alertes Pollens qui se charge ensuite de prévenir presque en temps réel les personnes allergiques et les professionnels de santé inscrits à la newsletter.

Seulement une quinzaine de pollinariums en France

« C’est un outil de prévention très utile car cela permet au patient de savoir quand exactement commencer son traitement et quand l’arrêter », estime le Dr Mickaël Pouliquen, médecin référent du pollinarium de Rennes. Les alertes lui permettent aussi chaque année d’établir un calendrier pollinique très précis, ce qui l’aide à déterminer les allergies dont souffrent les patients. « C’est souvent très compliqué car les pollens se chevauchent, indique-t-il. Mais en fonction de la date d’apparition des premiers symptômes, on peut déterminer quelle espèce est susceptible de causer l’allergie ».

Témoins précieux pour alerter sur les pollens, les pollinariums restent toutefois encore assez méconnus puisqu’il en existe seulement dans une quinzaine de villes. « Ce serait une bonne chose que cela se développe un peu partout », espère le docteur Pouliquen.