Coronavirus : La baisse des contaminations Covid-19 s’atténue, est-ce dû au sous-variant BA.2 d’Omicron ?

EPIDEMIE Alors que la levée de certaines mesures restrictives est prévue pour lundi prochain, la baisse du nombre de cas positifs au Covid-19 est freinée. Quel est le rôle du sous-variant BA.2 dans la tendance?

Béatrice Colin
Le résultat d'un test Covid-19 positif (illustration).
Le résultat d'un test Covid-19 positif (illustration). — PHILIPPE MAGONI/SIPA
  • Après que depuis quelque temps l’épidémie de Covid-19 connaissait une baisse continue, elle marque aujourd’hui le pas.
  • Si la présence de plus en plus importante du sous-variant BA.2 d’Omicron se confirme, il ne semble pas être responsable de cette inversion de tendance.
  • Selon le chef du service de virologie du CHU de Toulouse, le professeur Jacques Izopet, si la hausse se confirme, elle sera plus à mettre sur le relâchement des comportements et la fin des mesures restrictives.

Depuis plusieurs jours, la décrue du nombre de cas positifs de Covid-19, enclenché le mois dernier, semble s'atténuer, atteindre même une sorte de plateau. Certains signaux montrent même que la courbe de contaminations connaît des soubresauts. On est, certes, loin des 500.000 cas positifs de janvier dernier.

Mais selon Guillaume Rozier, le fondateur de « Covid Tracker », qui suit l’évolution au jour le jour de l’épidémie, le taux de positivité des tests de dépistages semble repartir à la hausse, en particulier dans la zone B, la première à avoir repris le chemin de l’école, il y a quinze jours.


Si le retour en classe peut être un facteur de circulation du virus dans certaines tranches d’âge, la levée des restrictions pourrait en être une autre pour l’ensemble de la population. A moins que ce ne soit le sous-variant BA.2 d’Omicron qui joue un rôle dans cette stagnation.

Plus de 50 % de cas de variant BA.2

D’autant que ce dernier est en train de prendre le pas sur le variant initial BA.1 d’Omicron. « Si jamais on venait à objectiver ce ralentissement, on peut se demander quelles en sont les raisons. Est-ce que c’est lié à des virus différents circulants à ceux qui ont circulé auparavant ? Le sous-variant BA-2 semble un peu plus adapté que BA.1 et il devient prépondérant. Au niveau national on n’a pas tout à fait atteint les 50 %, mais en Occitanie on a dépassé les 50 % de BA.2 parmi toutes les infections. Par contre, je ne suis pas certain que ce ralentissement de la décroissance de la circulation du virus soit lié à ce phénomène », indique Jacques Izopet, chef du service virologie du CHU de Toulouse.

Si on prend le cas de la région Occitanie, le variant BA.2 est passé d’un taux de 0,3 % début janvier, contre 97,5 % de BA.1, à 54 % des cas positifs cette semaine, alors que le variant Delta a complètement disparu depuis quatre semaines.

« Cette modification dans la distribution des virus n’a pas d’impact sur l’incidence de l’infection ou le taux de positivité parce que, alors que nous étions en phase montante, dans la proportion de BA.2, nous avons observé une baisse des taux de positivité et de l’incidence », poursuit le virologue.

Relâchement des gestes barrières

Pour lui, ce ralentissement est plutôt dû au relâchement des gestes barrières ces dernières semaines, « ou à la levée des mesures barrières, parfois anticipées par la population ». « C’est plus cet aspect-là qui joue, plutôt qu’actuellement l’émergence d’un variant particulier », analyse Jacques Izopet.

Reste que les personnes qui ont eu la première version d’Omicron ne sont pas à l’abri d’une réinfection par le sous-variant BA.2. Un phénomène déjà observé mais "peu fréquemment" pour l’instant selon le spécialiste. « Il y a une immunité induite par l’infection à BA.1, qui protège, mais pas une protection absolue. Omicron, quel que soit son variant, est un virus très contagieux mais moins virulent, qui a diffusé chez beaucoup de personnes y compris chez les vaccinés deux doses. Mais le point positif, c’est que cette immunité a été un élément essentiel pour protéger contre les formes graves », estime le virologue toulousain.

Par contre, si les personnes infectées lors de la première vague restaient très bien protégées grâce aux anticorps au moins six mois après avoir eu le Covid-19, des études plus récentes montrent que c’est nettement moins le cas avec le variant Omicron. Les professionnels de santé espèrent donc que les futurs variants seront dans la lignée de celui qui touche actuellement la France, peu pathogène, et que celle-ci ne sera pas confrontée comme au cours de l’été à une version proche du Delta.