Coronavirus : Où en est l’épidémie à une semaine de la levée des restrictions ?

PANDEMIE A compter de lundi prochain, le 14 mars, le pass vaccinal ne sera plus requis et le port du masque ne sera plus obligatoire dans les lieux publics clos

Anissa Boumediene
A compter du 14 mars, on pourra retirer notre masque dans les lieux publics clos, et le pass vaccinal ne sera plus nécessaire.
A compter du 14 mars, on pourra retirer notre masque dans les lieux publics clos, et le pass vaccinal ne sera plus nécessaire. — Jaap Arriens/Sipa USA/SIPA
  • Deux ans après le début de la pandémie de coronavirus, la France va lever le 14 mars l’essentiel des mesures restrictives.
  • Le port du masque ne sera plus obligatoire dans les lieux clos, et le pass vaccinal ne sera plus exigé.
  • Un allègement des mesures rendu possible grâce au reflux important de l’épidémie. Qui n’est toutefois pas encore terminée, le virus tendant à devenir saisonnier.

J-7 avant un retour au monde d’avant. Ou presque. Le 14 mars, un vent de liberté « décovidé » soufflera sur l’Hexagone. « Nous allons suspendre l’application du pass vaccinal partout où il s’applique », annonçait il y a quelques jours le chef du gouvernement, Jean Castex. Et « le port du masque ne sera plus requis sur le lieu de travail, ni dans les salles de classe » à compter de cette date, a précisé Matignon.

Un allègement des restrictions rendu possible par le reflux de l’épidémie de Covid-19, avec des chiffres de contaminations et d’hospitalisations en baisse continue. Mais si le coronavirus semble en recul et n’est plus au cœur de nos conversations, il n’a pas encore disparu. Et pourrait bien se refaire une place dans notre quotidien.

Des indicateurs en baisse continue

Après un emballement de l’épidémie en fin d’année 2021 sous l’effet du variant Omicron, et des pics à plus de 500.000 contaminations quotidiennes recensées en janvier, la vague hivernale de Covid-19 poursuit sa décrue depuis plusieurs semaines, avec des chiffres divisés par dix. « L’ensemble des indicateurs virologiques et hospitaliers sont en baisse », confirme Santé publique France dans son dernier bulletin épidémiologique. Ainsi, en métropole, « le taux d’incidence et de positivité est en diminution dans toutes les classes d’âge et dans l’ensemble des régions ». Dimanche, 45.328 cas positifs ont été recensés. Et la moyenne quotidienne sur sept jours, intervalle qui éclaire sur l’évolution réelle de l’épidémie, est passée à 50.646 cas, contre 57.500 cas sept jours plus tôt. Une tendance à la baisse qui se confirme également dans les Outre-Mer, mais « les indicateurs [sont] toujours élevés à La Réunion », tempère l’agence sanitaire.

Une diminution des contaminations qui s’accompagne d’une baisse de la pression hospitalière. Selon les derniers chiffres, les services de soins critiques accueillaient 2.079 malades (dont 28 admissions), contre 2.491 la semaine précédente. Dans les services de réanimation, on observe une « diminution de 400 à 500 patients environ par semaine », a souligné Olivier Véran, se félicitant que les hôpitaux ne soient plus contraints de déprogrammer d’autres soins. Ainsi, « la baisse s’accentue, elle s’amplifie », s’est-il réjoui. De quoi tenir le calendrier évoqué le 20 février par le ministre de la Santé, qui assurait que « d’ici à la mi-mars, les conditions hospitalières et épidémiques nous permettront de supprimer le masque à l’intérieur et de supprimer tout ou partie du pass vaccinal là où il est encore en vigueur aujourd’hui ».

« On sera plus que vigilant »

Mais le virus, qui s’est toujours illustré par son imprévisibilité, pourrait encore réserver des surprises. Donc « si un nouveau variant apparaît et est plus dangereux, on sera plus que vigilant », a réaffirmé le ministre. En attendant, c’est le sous-variant d’Omicron BA.2, encore plus contagieux, qui progresse. Omicron représentait ainsi « 99,6 % des séquences interprétables » dans la dernière enquête Flash réalisée mi-février par Santé publique France. Et dans ce quasi-monopole d’Omicron, son sous-lignage BA.2 continue de progresser : il représentait 25 % des cas, contre 15,4 % une semaine plus tôt.

Pour l’heure, pas de quoi remettre en cause l’allègement des restrictions. A condition toutefois de passer sous le seuil des 1.500 patients hospitalisés en réanimation, a précisé Olivier Véran. Un objectif tenable, puisque les dernières modélisations de l'Institut Pasteur tablent sur 1.000 à 1.500 patients Covid en soins critiques à la mi-mars. Les estimations de Guillaume Rozier, fondateur de CovidTracker, tournent plutôt autour des 1.750 toujours en réanimation à cette date.

Couverture vaccinale élevée et arrivée du printemps

Cette levée prochaine des restrictions est par ailleurs favorisée par la couverture vaccinale élevée dans l’Hexagone. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, 79,3 % de la population a un schéma primo-vaccinal complet. Et 72,5 % des plus de 18 ans ont reçu une dose de rappel. Pour autant, Santé publique France insiste sur « l’importance des mesures combinées : schéma vaccinal complet, ainsi que le respect des mesures préconisées ». Si l’obligation du port du masque ne vaudra plus que dans les transports en commun, le lavage des mains et l’aération fréquente des lieux clos devront toujours être observés.

De quoi constituer un bouclier permettant d’immuniser les plus vulnérables contre les formes graves du virus et, par ricochet, de protéger les 19,6 % de Français non-vaccinés : la fameuse immunité collective. Un facteur qui, combiné à l’arrivée du printemps, devrait accompagner la baisse continue de la circulation du virus durant les prochaines semaines. « L’hypothèse que nous avançons depuis un long moment maintenant est que le Covid-19 devienne un virus saisonnier, a rappelé à 20 Minutes le Dr Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). Désormais, quand on sera dans la saisonnalité du virus, dès l’automne, on aura ces automatismes de respecter les gestes barrières, de faire son rappel vaccinal et de porter le masque en intérieur ».