Lens : Un centre de santé mentale accusé d’infliger des mauvais traitements

PSYCHIATRIE Dans un rapport, le contrôleur général des lieux de privations de liberté dénonce les mauvais traitements infligés dans un centre de santé mentale à Lens, dans le Pas-de-Calais

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'un lit disposant d'un système d'attache.
Illustration d'un lit disposant d'un système d'attache. — Flamand Thierry / SIPA

Mesures d’isolement et de contention abusives, chambres mal chauffées, violation de l’intimité… Le contrôleur général des lieux de privations de liberté réclame des mesures urgentes face aux traitements infligés dans un centre de santé mentale à Lens, dans le Pas-de-Calais.

Dans un rapport rendu public mardi, sont épinglés le manque de pilotage global, le non-respect du droit et l’absence de formation du personnel du centre de santé mentale Jean-Baptiste-Pussin à Lens, conduisant à des dysfonctionnements « d’une particulière gravité et anciens » et portant atteinte aux droits fondamentaux des personnes.

Aucune réflexion sur les besoins particuliers des mineurs

Selon ce rapport, « adultes et mineurs font l’objet de mesures d’isolement et de contention arbitraires mises en œuvre dans des conditions indignes ». Dans les chambres d’isolement, « particulièrement mal chauffées », l’intimité du patient n’est pas respectée car « il est exposé à la vue de tous (…) par des écrans des caméras de surveillance situés dans le poste infirmier et visibles depuis le couloir », dénonce le rapport.

Selon la loi, toute hospitalisation sous contrainte peut faire l’objet de recours, mais les patients ne sont pas suffisamment informés de leurs droits et ne se rendent pas aux audiences devant le juge des libertés et de la détention. Le risque de fugue est également avancé. "Un tel motif ne saurait être regardé comme un motif médical", juge cependant le rapport.

Dans un courrier adressé en réponse, le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, a annoncé son intention de diffuser « une instruction » pour « clarifier les conditions de l’équilibre à trouver entre le risque de fugue du patient et l’importance de la comparution à l’audience ». Par ailleurs, il « regrette profondément » qu’une décision de justice de mainlevée d’une mesure d’hospitalisation « n’ait pas été immédiatement mise en application ».