Nice : « Nous demandons une revalorisation salariale », les internes en médecine interpellent Olivier Véran

A BOUT DE SOUFFLE Le Bureau des internes en médecine de Nice a écrit une lettre ouverte, adressée au ministre de la santé, pour demander des heures décomptées et un paiement juste, actuellement à « 6,48 euros l’heure pour des semaines de 58,4 heures »

E.M.
L'entrée de l'hôpital Pasteur 2 du CHU de Nice
L'entrée de l'hôpital Pasteur 2 du CHU de Nice — SYSPEO/SIPA
  • Dans une lettre ouverte, notamment adressée à Olivier Véran, le Bureau des internes en médecine de Nice demande davantage de considération par rapport au travail fourni depuis le début de la crise sanitaire.
  • Le courrier pointe notamment les risques pour la santé des médecins en formation de vivre dans la précarité et d’avoir une surcharge de travail.

« Notre dévotion ne peut pas justifier notre soumission ». Dans une lettre ouverte postée lundi sur les réseaux sociaux, et qui est notamment adressée au ministre de la Santé, le Bureau des internes en médecine de Nice (Be Ihn) alerte sur les conditions de travail des médecins en formation depuis le début de la crise sanitaire et du « manque de considération » de la part du gouvernement. Ils demandent « une revalorisation salariale pour tous les internes de France », avec des heures décomptées et un paiement juste.

Ils précisent dans le courrier que leur « temps de travail moyen par semaine est de 58,4 heures pour un salaire moyen de 6,48 euros net de l’heure ». Un salaire trop faible alors qu’ils sont, « depuis le premier jour, en première ligne » et « s’épuisent à la tâche » pour vaincre le Covid-19​ au sein des hôpitaux où ils représentent 40 % du personnel. Ils regrettent alors de ne pas avoir reçu de revalorisations financières significatives au cours de la dernière vague de Covid-19, pourtant accordées à tous les acteurs de l’Hôpital.

Des médecins en formation « sacrifiés »

Invité sur BFM Côte d’Azur, Sébastien Cuozzo, président du Be Ihn, a rappelé que « cette réalité de l’hôpital a été accentuée par le coronavirus » en pointant que les médecins en formation ont « arrêté la médecine de leur spécialité pour faire du Covid-19 » et « dans ce sens, ont été sacrifiés pour prendre en charge ces patients ». Il ajoute que cette « reconnaissance financière » permettrait de « gagner en qualité de vie » car « des internes en mauvaise santé sont des patients mal soignés ».

En effet, la lettre informe de « la santé psycho mentale préoccupante » des médecins en formation, 75 % d’entre eux présentent un syndrome anxieux et près de 20 % ont des idées suicidaires. « La précarité est l’un des principaux facteurs psychosociaux chez les internes avec la charge de travail », indique Thomas Citti, le vice-président du Be Ihn, également sur BFM.

Le Bureau des internes en médecine de Nice a reçu « le soutien du national et des syndicats ». « S’il n’y a pas de réponse adaptée, il y aura une mobilisation, on l’espère de grande ampleur », conclut Sébastien Cuozzo.