5G : Pas de « risques nouveaux » pour la santé envisagés, selon l’Anses

AVIS L’Anses, qui a actualisé un premier avis datant d’avril 2021, estime qu’il est « peu probable » que le déploiement de la 5G « entraîne de nouveaux risques pour la santé »

20 Minutes avec agences
— 
Une antenne-relais 5G. Illustration.
Une antenne-relais 5G. Illustration. — Ugo Amez - Sipa

Il est « peu probable », en l’état des connaissances actuelles, que la téléphonie 5G présente des « risques nouveaux » pour la santé. C’est ce qu’a confirmé mardi l’Agence nationale de sécurité sanitaire ( Anses) en actualisant  un avis de 2021. En avril de cette année-là, l’organisme avait rendu cet avis très attendu mais son calendrier même faisait polémique, puisqu’il avait été publié quelques mois après le début du déploiement de cette cinquième génération de la téléphonie mobile.

Le débat avait été enflammé, le président Emmanuel Macron estimant par exemple que les tenants d’un moratoire voulaient un « retour à la lampe à huile ».



Plus de 200 contributions en plus

Dans cet avis, l’Anses avait estimé, que « sur la base des données scientifiques disponibles à ce jour », il était « peu probable que le déploiement de la 5G (dans les bandes de fréquences déjà déployées en France) présente de nouveaux risques pour la santé », tout en reconnaissant le manque d’études sur certaines fréquences. Elle avait toutefois ouvert plusieurs semaines de « consultation publique » sur son avis, indiquant qu’elle pourrait éventuellement le compléter.

Plus de 200 contributions – particuliers, associations ou industriels – ont ainsi été recueillies et l’Anses a également épluché de premières mesures d’exposition « au voisinage des antennes relais 5G » réalisées par l’Agence nationale des fréquences (ANFR).

Des conclusions initiales « confortées »

L’actualisation de son avis conclut que ces nouveaux éléments « confortent les conclusions initiales ». A savoir que pour les fréquences déjà déployées, très proches de celles utilisées pour les précédentes générations, « les niveaux globaux d’exposition aux champs électromagnétiques seront comparables ou légèrement supérieurs à ceux des technologies existantes » et qu’il est donc « peu probable que ce déploiement entraîne de nouveaux risques pour la santé ».

Pour la bande de fréquences 26 GHz, pas encore exploitée en France, l’Anses relève comme dans son avis initial que « les données sont à l’heure actuelle trop peu nombreuses pour conclure à l’existence ou non d’effets sanitaires ». L’agence sanitaire recommande toutefois de poursuivre les études, notamment de surveillance des expositions, et d’adopter des « usages raisonnés » de la 5G, notamment pour les enfants ou en utilisant des kits à oreillette, par exemple.

Plusieurs associations dénoncent cet avis

Les ONG Agir pour l’environnement et Priartem (association contre les risques liés aux technologies électro-magnétiques), qui avaient sans succès contesté en justice le déploiement de la 5G, ont regretté un processus ayant « permis au gouvernement d’imposer la 5G », avec plus de 50.000 antennes déjà déployées. Ils ont dénoncé une « instrumentalisation politique de l’Anses ».

Soulignant que l’agence constate à nouveau « le manque de données sur les nouvelles fréquences et sa difficulté à évaluer les risques », elles dénoncent le fait que les pouvoirs publics aient pris « la responsabilité d’exposer la population à de nouvelles fréquences non étudiées ». D’autres ONG, « Alerte Phonegate » et « Robin des toits » notamment, ont dénoncé une « parodie de concertation », affirmant « qu’aucun de [leurs] apports n'[avait] été pris en compte ».